AU COEUR DE PARIS
Pourquoi aller chercher au loin
d’immenses sanctuaires,
dominant de leur voûtes et clochers
des villes éponymes,
lorsque le centre de Paris
offre aux pèlerins
histoire, lumière et accueil ?
Dans le quartier de la Bourse,
dans ces lieux qui naguère
hantaient des courses enfiévrées,
se dresse seule et sombre
la basilique solitaire.
Quel autre endroit, pourrait
cumuler tant d’avantages ?
La statue équestre du Roi soleil
rappelle les vanités d’un monde
qui passe.
Le Palais royal préfigure
d’autres jardins mystiques
où les roses trémières
fleurissent sans cesse.
Le Consulat du Mexique,
apporte un parfum d’exotisme,
et le souvenir d’une autre image
lointaine et si proche.
La Bibliothèque nationale
pleure ses livres perdus
exilés dans des tours
que le soleil embrase.
Et dans la rue du Louvre
la poste centrale tisse une toile
qui attire de moins en moins
les usagers de l’autre.
C’est donc vers là,
vers ce centre invisible,
tout noirci par la masse
d’innombrables cierges,
que courent les pieux Antillais,
les cadres assoiffés d’absolu,
les familles comme il faut,
les dévots de la petite Thérèse,
et moultes anonymes.
Dans le centre de la ville,
entre trois métros
et une rue passante,
entre un commissariat,
et une boutique de souvenirs,
à tous ouverte,
Notre-Dame des Victoires.
Paris, le 3 février 2001
François Xavier Guerra
Professeur d'histoire
de l'Amérique Latine
à la Sorbonne + 2002
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