Pâques au centre :
A partir du Triduum Pascal (jeudi saint, vendredi saint, samedi saint), comme de sa source de lumière, le temps nouveau de la Résurrection emplit toute l’année liturgique de sa clarté. De proche en proche, de part et d’autre de cette source, l’année est transfigurée par la Liturgie. Elle est réellement "année de grâce du Seigneur" (cf. Lc 4, 19).
L’Économie du salut est à l’œuvre dans le cadre du temps, mais depuis son accomplissement dans la Pâque de Jésus et l’effusion de l’Esprit Saint, la fin de l’histoire est anticipée, ‘en avant-goût’, et le Royaume de Dieu entre dans notre temps.
C’est pourquoi Pâques n’est pas simplement une fête parmi d’autres : elle est la " Fête des fêtes ", " Solennité des solennités ", comme l’Eucharistie est le Sacrement des sacrements (le Grand Sacrement). S. Athanase l’appelle "le Grand dimanche" (ep. fest. 329 : PG 26, 1366A), comme la Semaine Sainte est appelée en Orient "la Grande Semaine". Le Mystère de la Résurrection, dans lequel le Christ a écrasé la mort, pénètre notre vieux temps de sa puissante énergie, jusqu’à ce que tout Lui soit soumis.
(d'après le Catéchisme de l'Eglise Catholique n°1168-1169 )
Comment est fixée la date de Pâques ?
Au Concile de Nicée (en 325) toutes les Églises se sont mises d’accord pour que la Pâque chrétienne soit célébrée le dimanche qui suit la pleine lune (14 Nisan) après l’équinoxe de printemps. A cause des différentes méthodes de calcul du 14 Nisan, la date de Pâques dans les Eglises d’Occident et d’Orient ne coïncide pas toujours. C’est pourquoi, ces Eglises cherchent aujourd’hui un accord, afin de parvenir de nouveau à célébrer à une date commune le jour de la Résurrection du Seigneur. (d'après le Catéchisme de l'Eglise Catholique n°1170 )
Quelques points de repère sur le carême :
Le carême vient du latin « quadragesima » : « quarantième jour » en référence aux quarante jours que Jésus-Christ a passé dans le désert à lutter contre Satan, selon les Évangiles. (Catéchisme de l'Eglise Catholique n°540)
À l'origine, le Carême commençait un dimanche, le 40e jour avant le Jeudi saint. Le pape Grégoire le Grand a avancé le début du carême au mercredi précédent : Le Carême commence désormais le mercredi des Cendres et s'achève le Samedi saint. Cela correspond à une période de 40 jours de jeûne, les dimanches n'étant pas pris en compte dans ce calcul. Ce temps est marqué par l’ultime préparation des catéchumènes qui doivent recevoir le baptême dans la nuit de Pâques.
Dans quel esprit vivre le carême ?
On dit que c'est un temps de pénitence, traduction latine du mot grec « metanoia » qui signifie « conversion » (littéralement « changement de vie») de celui qui revient vers Dieu après s’être éloigné de lui, ou de l’incroyant qui reçoit la foi...
La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. « L’Ecriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière et l’aumône, qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême, du sacrement de la réconciliation (confession) ou du le martyr, ils citent comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain, l’intercession des saints et la pratique de la charité « qui couvre une multitude de péchés » (1P 4,8)
Ce sont là des manières bien concrètes de manifester son désir de conversion.
(d'après le Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 1434)
Petite note au sujet du jeûne :
Dans la Parole de Dieu : lire le livre d'Isaïe au chapitre 58,1-14
« Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que ta voix résonne comme le cor ! Dénonce à mon peuple ses fautes, à la maison de Jacob ses péchés. Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n'abandonnerait pas la loi de son Dieu, ils me demandent de leur faire justice, ils voudraient que Dieu se rapproche.
« Pourquoi jeûner si tu ne le vois pas ? Pourquoi nous mortifier si tu l'ignores ? »
Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien trouver votre intérêt, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poings sauvages. Ce n'est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd'hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît ? Est-ce là votre jour de pénitence ? Courber la tête comme un roseau, coucher sur le sac et la cendre,appelles-tu cela un jeûne,un jour bien accueilli par le Seigneur ?
Quel est donc le jeûne qui me plaît ? N'est-ce pas faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? Alors ta lumière jaillira comme l'aurore, et tes forces reviendront rapidement. Ta justice marchera devant toi, et la gloire du Seigneur t'accompagnera. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. » Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon coeur à celui qui a faim, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il te comblera et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué,comme une source où les eaux ne manquent jamais. »

« En allemand, Carême se dit « le temps du jeûne » (Fastenzeit). Cette dénomination rend seulement compte d'une petite partie de ce que l'Eglise entend dire à propos de ces jours qui vont du mercredi des cendres à Pâques.
A l'origine, ce temps était celui de l'ultime préparation des catéchumènes au baptême, et donc le temps où l'on devient chrétien. On estimait en effet que devenir chrétien demandait de passer par un itinéraire de transformation, de « conversion », où l'homme devait s'engager pas à pas.
Devenir chrétien : voilà l'oeuvre de toute une vie, et le carême est un temps pour nous remettre en marche.
On pense parfois que le jeûne consiste ne pas se nourrir pendant la journée. Mais l'Ecriture nous rappelle que c'est la charité qui « couvre la multitude des péchés », pas la succession de privations héroïques, au prix de cette même charité. (voir aussi le texte d'Isaïe 58 cité plus haut)
Il s'agit de prendre conscience que souvent, et par bien des aspects, nous sommes totalement saturés. Saturés de nourriture, mais aussi de distractions, de relations, de musique, d'images ... et que celui qui n'a plus faim de rien devient aveugle et sourd. Il ne se soucie plus que de lui-même. Etre attentif à tout cela, c'est commencer à comprendre la nécessité d'un jeûne correspondant à chaque aspect de ce qui nous sature. Alors nous pourrons commencer à sortir de nous-mêmes, à regarder vers les autres, à devenir chrétiens.
A chacun de choisir son jeûne : jeûne de distractions futiles, jeûne de superflu, jeûne de mauvaise humeur, jeûne de péchés ... pour faire un "vrai carême" »
(d'après « Vivre sa foi » du Cardinal Ratzinger ed. Mame)
