La Basilique à travers les âges

Saints et Visiteurs illustres

 
 

 

 Saint Antoine-Marie Claret 1807 - 1870 

St Antoine-Marie Claret

Antoine CLARET naît le 23 décembre 1807 à Sallent en Espagne non loin du site grandiose de Montserrat, dédié à la Vierge Marie. Il sera baptisé le jour de Noël au milieu de la joie familiale.

Très jeune, il montre déjà une prédisposition à la prière et une dévotion à la Madone. Antoine est très aimé de ses camarades, pourtant ses meilleurs amis sont les livres.

Son père M. Jean CLARET l'initie au métier de tisserand et lui confie dès l'âge de 17 ans de grandes responsabilités dans sa propre fabrique. Son métier devient pour lui une passion.

Mais tout bascule lorsqu'il entend le prédicateur prononcer cette phrase au cours d'une homélie :

"Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son âme ?"

Cette pensée le pénètre et germe en son esprit ; il fait part de son désir d'être prêtre à son père qui s'incline devant la volonté de Dieu et entreprend des études au séminaire de Vich à 21 ans.

Antoine est très rigoureux dans ses études et fait le contentement de ses supérieurs ; sa dévotion est intense ; l'hiver, il n'hésite pas à sortir par un temps glacial pour faire un quart d'heure d'adoration.

"La dévotion à la Sainte Eucharistie,
je l'ai reçue en héritage de mes parents,
ainsi que la dévotion à la Sainte Vierge."

Un jour, Antoine est obligé de garder le lit pour se guérir d'une forte grippe. Son corps tremble de fièvre et des images impures se présentent à son esprit. Il invoque alors la Sainte Vierge qui lui apparaît tenant dans ses mains une couronne de roses. "Antoine, lui dit-elle, si tu remportes la victoire, cette couronne est pour toi !". Antoine triomphe de la tentation et le calme revient dans son âme.

Ordonné prêtre le 13 juin 1835, Antoine devient vicaire puis curé de sa ville natale où il reçoit l'affection de ses paroissiens. Il visite les malades, aide les pauvres jusqu'à se démunir lui-même.

"Il vaut mieux se dit-il, qu'on abuse de moi plutôt
que de laisser sans secours de véritables nécessiteux".

Cependant l'ardeur de son zèle ne peut se contenter du cadre étroit de la ville de Sallent ; il demande alors à Monseigneur l'Evêque la permission de partir pour les Missions Etrangères. C'est ainsi qu'en septembre 1839, le Père Claret prend le chemin de Rome pour s'inscrire à la Propagation de la Foi. Le personnel étant en vacances, il décide en attendant de faire une retraite chez les Jésuites qui lui proposent d'entrer dans la Compagnie. Mais la Providence a sur lui d'autres desseins. Il ressent alors une douleur aigüe à la jambe droite qui le cloue au lit et qu'aucun médicament ne peut apaiser. Le Révérend Père Général, qui a des intuitions surnaturelles lui dit : "Père Claret, retournez en Espagne. C'est la volonté de Dieu !"

Monseigneur l'Evêque de Vich, heureux de revoir ce prêtre, le charge de prêcher dans toutes les paroisses de son diocèse. Ainsi, le 15 août 1840, le Père Claret inaugure, sous les auspices de la sainte Vierge, l'oeuvre des "Missions dans les paroisses". Son apostolat est particulièrement efficace grâce à son intense dévotion à la sainte Vierge qu'il ne cesse de propager. Partout où il passe, il établit l'Archiconfrérie du saint Coeur de Marie et recommande la récitation du chapelet en famille. C'est par l'intercession de la Mère de Dieu qu'il réalise les plus surprenantes conversions.

Sa popularité franchissant peu à peu les frontières de la Catalogne, l'Evêque des Iles Canaries l'invite à prêcher des missions dans son immense diocèse. Le Père Claret voyagera à pied dans tout l'archipel, comme en Catalogne et la route lui imposera de nombreux sacrifices. Aussi les prodiges se multiplieront sur son passage.

De retour en Espagne, il fonde une imprimerie et une librairie religieuses et consacre tout l'argent qu'on lui offre à la presse catholique. "Il nous faut des livres !... Beaucoup de bons livres!... répète-t-il souvent et lui-même en compose plus de 120 (livres et brochures). Mais le chef d'oeuvre que réalise le Père Claret en Catalogne, le 16 juillet 1849, est la fondation de la Congrégation des Fils du Coeur Immaculé de Marie, Missionnaires Clarétains, pour perpétuer l'oeuvre entreprise.

En août 1849, à sa grande surprise, il est nommé "Archevêque de l'île de Cuba" par le Nonce du Pape et suivant le désir de la Reine d'Espagne. Le 6 octobre 1850, le Père Claret reçoit la consécration épiscopale dans la cathédrale de Vich ; pour marquer sa reconnaissance à la sainte Vierge, il ajoute à son nom Antoine celui de Marie.

Le 16 février 1851, Mgr Claret arrive à l'île de Cuba où il est accueilli triomphalement. Il entreprend de visiter tous les villageois de son immense diocèse sans oublier les hôpitaux et les prisons.

"Seigneur, donnez-moi des âmes... le reste m'est indifférent !"

Il fonde des institutions religieuses et sociales, des "Ecoles Techniques et Agricoles" pour les jeunes et les adultes, des hospices pour les personnes âgées. Son esprit de charité le porte à lutter de toutes ses forces contre les inégalités entre les Blancs et les gens de couleur. Sa sainteté lui fait prédire des séismes et toute sorte de catastrophes. Mais elle suscite aussi des haines. On essaie plusieurs fois d'attenter à sa vie.

Toutes ses souffrances ne sont pas vaines ; au bout de quelques années, le changement des moeurs est tellement surprenant dans l'île, qu'en toute vérité Cuba peut être appelée : "La Perle des Antilles".Sr Marie Antoinette Paris

Cependant l'oeuvre la plus remarquable qu'il réalise à Cuba, le 25 août 1855, c'est la fondation de "l'Institut des Religieuses de Marie Immaculée Missionnaires Clarétaines" pour l'instruction et l'éducation des jeunes filles, dont la Supérieure sera Marie-Antoinette PARIS qu'il a connu à Tarragone en 1850 pendant un de ses voyages apostoliques.

Après un séjour de six ans à Cuba, Monseigneur Claret est prié, par le Nonce du Pape, de se rendre à Madrid pour remplacer l'Archevêque de Tolède comme conseiller spirituel et confesseur de Sa Majesté la reine Isabelle II qui gouverne l'Espagne. C'est la consternation dans tout le pays.

Arrivé à Madrid, il accomplit sa nouvelle tâche avec zèle et discrétion et recommence ses activités missionnaires dans la capitale. Mgr Claret doit subir aussi la fureur des ennemis de toutes les institutions catholiques, on colporte des calomnies, on essaie à nouveau d'attenter à sa vie. Il parcourt l'Espagne pendant huit ans à la suite de la Reine.

Parfois, tandis qu'il célèbre la sainte messe au palais royal de Madrid, on le voit en extase, rayonnant d'une lumière éclatante et qui remplit d'admiration toutes les personnes de la Cour. Une nuit de Noël, la sainte Vierge lui apparaît et lui pose l'Enfant-Jésus dans les bras. "Ah! qu'il était beau l'Enfant-Jésus!" disait-il en se souvenant de cette grâce.

Il nous révèle lui-même la plus grande des faveurs dont il fut gratifié :

"Le 26 août 1861, comme j'étais en prière dans l'église du Rosaire de la Granja, à sept heures du soir, Notre-Seigneur m'accorda l'immense bonheur de conserver en moi, sans se consommer, la Sainte Hostie. Je la conservai d'une communion à l'autre".

C'est un privilège insigne qui le transforme en Tabernacle vivant.

Cependant, ses immenses efforts en vue de convertir son pays n'obtiennent pas les résultats attendus ; un jour, il prophétise devant son secrétaire : "Dieu est irrité contre l'Espagne. Dans très peu de temps, la reine perdra son trône".

Le 18 septembre 1868, la république est proclamée. Isabelle II se réfugie précipitamment en France et Monseigneur Claret accompagne la famille royale vers l'exil.

A Paris, la reine et sa famille s'installent dans un château, tandis que son confesseur fixe sa résidence au collège Saint-Louis, rue de Monceau. Très souvent, il se rend à l'église Notre-Dame des Victoires, siège de l'Archiconfrérie du saint Coeur de Marie. C'est pendant ce séjour que la reine d'Espagne, Isabelle II, offrit à l'église Notre-Dame des Victoires les deux tables en bronze portant les cierges, situées devant l'autel de la Vierge.

Six mois plus tard, Mgr Claret se rend à Rome pour participer activement à tous les travaux du Concile "Vatican I". Il intervient spécialement pour la définition de "l'Infaillibilité" du Souverain Pontife. Mais au mois de mai 1870, la chaleur accablante le conduit à un commencement de congestion cérébrale ; sur le conseil des médecins, il décide de retourner en France et choisit Prades, près de Perpignan pour sa convalescence. Il retrouve là ses chers Missionnaires expulsés d'Espagne par la révolution. Mais le 3 octobre, les révolutionnaires sont là ! Il repart incognito pour une destination inconnue. La Providence le conduit à l'Abbaye Cistercienne de Fontfroide du XIème siècle, près de Narbonne.

Abbaye de Fontfroide

Mais une deuxième congestion cérébrale remet sa vie en danger ;

"Mon Jésus ! répète-t-il, je veux mourir avec vous !"

Le 24 octobre 1870, Mgr Claret meurt comme il l'a toujours désiré : "Pauvre, sans dettes et sans péchés".

Sitôt la révolution d'Espagne terminée, on transporte le corps à Vich, où il fonda la Congrégation des Missionnaires. Soixante ans plus tard, le 25 février 1934, l'Eglise l'inscrit au nombre des "Bienheureux". Le 7 mai 1950, le Pape Pie XII le proclame Saint. Aujourd'hui tous les admirateurs du Saint Archevêque peuvent contempler son corps, enfermé dans une châsse en argent, à Vich, dans l'église qui porte son nom.

Fidèles à l'exemple et au souvenir de leur Fondateur, les Pères Claretains n'ont jamais cessé de se dévouer à des multiples activités apostoliques : Missions Etrangères, Collèges, Paroisses, Oeuvres sociales, leur Institut est devenu universel et se manifeste dans les cinq parties du monde. ; de leur côté, les Religieuses de l'Enseignement de Marie Immaculée, appelées aussi Missionnaires Claretaines, ne cessent de se développer à travers le monde.

 

LE MOUVEMENT DES LAICS CLARETAINS :

Les origines du Mouvement des Laïcs Clarétains se trouvent dans les groupes de laïcs que Saint Antoine-Marie Claret créa pour l'évangélisation.

"Dans ces derniers temps, il parait que Dieu
veut que les laïcs aient une grande part dans le salut des âmes".

Parmi ces groupes certains ont une importance particulière. Ce sont : la Fraternité du Coeur de Marie (1847), la Fraternité de la Doctrine Chrétienne (1849), l'Académie de Saint Michel (1858) et les Bibliothèques Populaires et Paroissiales (1864). Dans cette même année, il forma le projet de créer une Association nommée Archiconfrérie du Coeur de Marie. La mort de Mgr Claret (1870) et la révolution de 1868 rendirent pratiquement impossible la survivance des groupes de laïcs créés par Mgr Claret. Mais le processus de réorganisation du laïcat clarétain commence en 1938 par la création de l'association des Collaborateurs Clarétains, oeuvre approuvée par le Saint Siège en 1943.

 

"Je me dis à moi-même : un "Fils du Coeur Immaculé de Marie" est un homme enflammé de charité et qui brûle partout où il passe ; qui désire efficacement que tous les hommes s'embrasent du feu de l'amour divin, et qui y travaille de toutes ses forces. Rien ne l'en décourage ; il se réjouit des privations ; il aborde hardiment les labeurs ; il accueille volontiers les difficultés ; il rit des calomnies ; il est joyeux dans les tourments. Il ne songe à rien d'autre qu'à la manière de suivre Jésus Christ et de l'imiter par la prière, le travail, la patience, en ayant pour perpétuel et unique souci la gloire de Dieu et le salut des âmes."

Saint Antoine-Marie Claret

 

*Texte écrit d'après la brochure "La force de l'Evangile - Saint Antoine-Marie Claret et la Famille clarétaine"
Collection "Les Origines" Editions du Rameau 1986

et Saint Antoine-Marie Claret - R.P. Jean Villanova, C.M.F. -
Ed. Claret - Barcelona, 1966

 

Prière apostolique

O mon Dieu, faites
que je vous connaisse
et vous fasse connaître ;
que je vous aime
et vous fasse aimer ;
que je vous serve
et porte les autres
à vous servir ;
que je vous loue
et vous fasse louer
par toutes les créatures.
Donnez-moi, ô mon Père,
de voir tous les pécheurs
se convertir,
tous les justes
persévérer dans la grâce,
et arriver enfin
au bonheur éternel.

St-Antoine-Marie Claret (Autobiographie,233)

La Paroisse de Sallent - Diocèse de Vich (Espagne), fut agrégée à l'Archiconfrérie le 29 septembre 1852, à la requête de M. Casajioana, curé de la paroisse.

 

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