Le 6 décembre 1848, devant l'autel de la
Vierge, un jeune converti de 27 ans, Hermann Cohen (1821-1871), accompagné de
quelques amis, inaugurait l'Adoration nocturne de Notre-Dame des Victoires,
fixée de 21 h à minuit, chaque premier jeudi du mois. Accueillie avec joie par l'abbé
Desgenettes, elle débuta le jour où fut connue l'installation de Pie IX à
Gaete, le souverain pontife ayant dû fuir les troubles de Rome.Le but de l'œuvre était de réparer les
injures dont le Saint-Sacrement est l'objet, d'attirer sur la France les
bénédictions de Dieu, de détourner les fléaux menaçant notre pays. Mais c'est
en union avec le pape persécuté que le petit groupe organisa cette première
nuit d'adoration , dont la pratique se développa bientôt dans d'autres
églises.En 1849, Hermann Cohen devint carme
déchaux. Il fit profession sous le nom de Frère Augustin-Marie du Très Saint
Sacrement.Baptisé le jour de la Saint-Augustin (28
août), Hermann avait vécu comme " un mécréant et un débauché ", selon sa
propre expression, avant sa conversion. Proche de George Sand et de Liszt,
lui-même pianiste talentueux, il devait être touché par la grâce de Dieu, en
mai 1847, dans l'église de Sainte-Valère (aujourd'hui disparue).Peu de temps après, Hermann Cohen devint
un fidèle de Notre-Dame des Victoires. C'est là que naquit sa dévotion pour
saint Augustin (à la suite d'une homélie de l'abbé Desgenettes), c'est aussi
là que le nouveau baptisé fit sa première communion, le
8 septembre 1847.
Le père Augustin-Marie du Très
Saint-Sacrement fut un apôtre de la dévotion mariale et il composa de nombreux
cantiques en l'honneur de la Vierge. En 1868, en pèlerinage à Lourdes, il fut
totalement guéri d'un glaucome qui le rendait peu à peu aveugle.