" Le chemin le plus foulé du Palais-Royal,
écrivait Colette dans le Petit Parisien du 26 juin 1942, mène à Notre-Dame des Victoires. C'est une église où, comme
à la fontaine du village, toutes les soifs vont boire. Personne n'a scrupule
de donner à la Vierge couronnée un court loisir, une oraison accélérée. Une
mince jeune femme est assidue, prie, le visage dans ses mains : c'est Gaby Morlay, qui vient de loin accomplir une neuvaine à son église préférée. Le
temps de marcher deux cents pas, de couper au plus court par la " clinique des
cravates " et un bout de la galerie Vivienne, et je plante comme tout le monde
une petite flamme sur une épine du buisson ardent. L'église est chaude de
suppliques, de cierges et de gratitude. Entre les offices, le silence y est
grand, mais chaque pierre est gravée, et parle. Que de cires et de larmes... "