Vicaire apostolique de la Sénégambie depuis le 1er mai 1909, Mgr JALABERT désire que soit édifiée une cathédrale à Dakar puisqu'existe seulement "une sorte de magasin indigne de servir de lieu de prière". "Le monument s'élèvera dans la ville la plus considérable de l'Afrique Occidentale Française (A.O.F.), la ville dont le port le plus vaste et le plus visité constitue dans cette partie du monde le boulevard militaire et maritime de la France, la ville par laquelle (...) tous les pionniers de la conquête africaine ont passé, la ville d'où est parti MARCHAND, où expira SAVORGNAN DE BRAZZA : Dakar."
Ce sera le monument du Souvenir Africain, à la fois lieu de prière et "Panthéon Africain" dédié à la mémoire de tous les français (militaires, missionnaires, administrateurs, etc.) morts en Afrique et de tous les Africains (Tirailleurs sénégalais, Soudanais, etc.) morts pour la France.
Le Père Daniel BROTTIER, prêtre du diocèse de Blois, rejoint la Congrégation du Saint-Esprit ; il est envoyé comme missionnaire à Saint-Louis-du-Sénégal en 1903. de retour définitivement en France en 1911 pour des raisons de santé, il est connu pour avoir relevé l'Œuvre des Orphelins-Apprentis d'Auteuil (fondée par l'abbé Louis ROUSSEL en 1869) dont il prend la direction en 1923.
Dès 1911, il sera la cheville ouvrière de l'Œuvre du Souvenir Africain, assistant Mgr JALABERT qui prêche à travers la France : "La cathédrale de Dakar portera sur sa façade une inscription, mentionnant qu'elle est bâtie en mémoire des héros et des victimes de l'Epopée française en Afrique. A l'intérieur un monument spécial s'élèvera en leur honneur dans une chapelle où leurs noms seront gravés. Un mur voisin recevra également les noms des donateurs à partir de cent francs."
Pendant la 1ère Guerre mondiale, le Père BROTTIER s'engage comme aumônier volontaire. Il en devient l'"aumônier militaire légendaire et exemplaire" et fonde l'Union Nationale des Combattants (UN).
Dès la fin de la guerre, Mgr JALABERT revient en France d'où il relance, avec lui, l'Œuvre du Souvenir Africain. Il le nomme vicaire général de Dakar résidant à Paris, avec mission de lever des fonds pour édifier la cathédrale du Souvenir Africain sous le vocable de Notre-Dame des Victoires. C'est lui, semble-t-il qui est à l'origine de ce vocable étant attaché doublement à Notre-Dame des Victoires, à la fois par l'origine de sa congrégation et par ses liens personnels. La cathédrale fut consacrée le 2 février 1936 par le Cardinal VERDIER, archevêque de Paris.
Une statue de Notre-Dame des Victoires, copie de celle du sanctuaire parisien, y est toujours vénérée. (Voir photo ci-dessus)
Nous vous proposons de lire l'intégralité du chapitre V du livre du Père Yves Pichon (1892-1952) « Le Père Brottier de la Congrégation du Saint-Esprit » :
"Le Père Brottier et le Souvenir Africain"

Le Père Yves Pichon fut l'un des collaborateurs les plus proches du Bienheureux Daniel Brottier qui, à sa mort, poursuivit sa mission d'aumônier des Orphelins Apprentis d'Auteuil. Il est donc le témoin privilégié de l'apostolat du Bienheureux Daniel Brottier et de la vie quotidienne d'Auteuil durant de longues années. Le Père Yves Pichon était le mieux placé pour écrire une biographie vivante et précise dont la première édition date de 1938.