La Basilique à travers les âges

Saints et Visiteurs illustres

 

 
 

 Saint Antoine Daveluy 1818 - 1866 


St Antoine Daveluy


Mgr Marie Nicolas Antoine Daveluy, originaire d'Amiens, Missionnaire Apostolique de la Congrégation des Missions Etrangères, martyrisé en Corée en 1866 et canonisé en 1984 par le Pape Jean-Paul II, fut un ardent membre de l'Archiconfrérie, d'abord durant son séminaire, ensuite devenu vicaire dans la paroisse de Roye, près d'Amiens. Il reçut en 1843 des mains de l'Abbé Desgenettes, les papiers d'affiliation à l'Archiconfrérie pour l'établir à Roye ; enfin il semble l'avoir établie en Corée entre 1846 et 1866.

Il existe une petite chapelle érigée à l'endroit où Mgr Daveluy fut pris pour être emmené et martyrisé, où l'on projette d'installer une statue de Notre-Dame des Victoires.

On trouve encore une dévotion à Notre-Dame des Victoires en Corée du Sud, à la paroisse des Martyrs St Louis Beaulieu et St Henri Dorée, à Ha-ou-kyon (affiliée à l'Archiconfrérie en 1989) et à Sung Nam (à la Mission Catholique).

 

Vitrail_Amiens

 

Les grandes dates de sa vie :
(Répertoire des Membres de la Société des Missions Etrangères)

« Marie Nicolas Daveluy, naquit le 16 mars 1818 à Amiens (Somme), fut ordonné prêtre le 18 décembre 1841, entra au Séminaire des Missions Etrangères le 4 octobre 1843. Il en partit le 6 février 1844.

Arrivé en Corée, il alla étudier la langue dans une petite chrétienté et dès janvier 1846, commença ses courses apostoliques. Deux ans plus tard, il eut la direction du séminaire. Mgr Berneux le choisit en 1857 pour coadjuteur et le sacra à Séoul évêque d'Acônes. En 1861, il était dans la province de Kyeng-syang, et il y avait déterminé d'assez nombreuses conversions. Au début de 1865, il travailla dans le Haut Naihpo ; au printemps de 1866, il était à Keutori lorsque la persécution devint plus violente. Dénoncé par des traîtres, il fut arrêté avec ses confrères Huin et Aumaître. Ils furent ensuite conduits à Séoul et jetés en prison. Condamnés à mort, ils furent décapités le 30 mars 1866 à Syou-yeng, semble-t-il. Mgr Daveluy a été canonisé le 6 mai 1984. »

 

1866 - Année de son martyre :
Archives des Missions Etrangères

« En 1866, après avoir vainement tenté de rencontrer le régent Terrongum, Mgr Daveluy, 43 ans, missionnaire originaire d'Amiens, retourne en province. Le 11 mars, dénoncé par un renégat nommé Yi Soni, il fut arrêt par la police avec le père Huin, 30 ans, de Langres, le père Aumaître, 25 ans, d'Angoulême, et deux laïcs coréens : Luc Hwang, 55 ans, de Suwon. Tous furent emprisonnés à Séoul et cruellement torturés.

Quatre jours plus tard, ils furent condamnés à mort. Pour ne pas nuire à la préparation du mariage du roi Kojong, le gouvernement décida de les exécuter loin de la capitale, à Poryong. Ils quittèrent Séoul le 28 et, parvenus à Onyang, dînèrent puis adressèrent une homélie aux chrétiens du village et aux policiers, exaltant leur mort glorieuse. Le 30 mars, ils furent décapités face à la mer."

Mgr Daveluy fut canonisé par Jean-Paul II le 6 mai 1984 à Séoul (Corée) avec 103 martyrs coréens dont saint André Kim. »

Son corps repose aujourd'hui en la cathédrale de Séoul.

 

103 Martys Coréens

 

Souvenirs de famille :
(selon les propos de Mlle Thérèse de Brandt sa petite nièce - Annales des Missions Etrangères)

« M. et Mme Isidore Daveluy, parents de Mgr Daveluy, donnaient l'exemple de toutes les vertus chrétiennes, s'occupant non seulement de leur nombreuse famille de 14 enfants mais encore des oeuvres établies dans la ville d'Amiens.

La journée commençait par la prière et la méditation puis ensuite la famille se rendait à l'église paroissiale de Saint-Leu pour assister à la messe où M. Daveluy était montré en exemple pour son profond respect observé dans un lieu saint. Après le travail, la journée s'achevait de même par la prière en commun qui réunisssait au pied du Crucifix parents, enfants et domestiques. »

De cette union des époux Daveluy naquirent sept fils et sept filles dont ils donnèrent à l'Eglise trois religieuses, un chanoine, archiprêtre de la Cathédrale d'Amiens et le saint évêque Antoine Daveluy, coadjuteur et martyr en Corée.

 

Eglise Saint-Leu Amiens« Mgr Daveluy célébra sa première messe le 29 décembre 1841 en l'église Saint-Leu, d'Amiens, sa paroisse. Une foule immense y assistait avide de recevoir, selon l'usage, l'imposition des mains. Une femme, pauvre des biens de la terre, mais riche de foi et de confiance en Dieu, sollicita l'autorisation de présenter le premier à cette célémonie son enfant âgé de trois ans qui ne marchait pas encore. Sa demande fut accordée, et aussitôt après, l'enfant marcha, au grand étonnement des médecins et des personnes qui le croyaient infirme pour la vie.

Pendant la guerre, un homme est venu trouver la soeur de Mgr Daveluy, religieuse de Louvencourt, pour lui dire que lui aussi avait été l'objet d'une pareille faveur lorsqu'il était enfant.

Avant de partir pour les missions Mgr Daveluy alla faire ses adieux à sa famille réunie dans la maison de campagne à Bergicourt près de Poix. Ce fut la plus poignante, la plus douloureuse des séparations : un père, une mère, des frères, des soeurs. Arrivé pour le trentième anniversaire du mariage de ses parents, toute sa famille assista à la messe qu'il célébra, jusqu'au petit Marie (14ème enfant de M. et Mme Daveluy), âgé de 18 mois qui avait été baptisé par ce frère aîné. »

En 1843, l'abbé Daveluy avait dit à des religieuses qui frémissaient à la pensée des tortures auxquelles son départ pourrait l'exposer bientôt : "Est-ce que si vous appreniez que j'ai confessé la foi jusqu'à la mort, vous n'auriez pas le courage de chanter le Te Deum ? Dans ma famille, j'en suis sûr, on le chanterait".

« Or, lorsque son vieux père apprit le martyre de Mgr Daveluy, il resta de longues heures absorbé dans un chagrin et un silence profonds. Il aimait tant ce fils aîné ! Le lendemain matin, se rendant à l'église pour entendre la messe, il eut le courage de demander au Prêtre de la célébrer en actions de grâces, puis à ses filles religieuses, il dit tout ému : "Je dis le Te Deum pour remercier Dieu de la grande grâce qu'il a faite à votre frère, je devrais le chanter, mais je ne m'en sens pas la force". A Mgr Boudinet, alors évêque d'Amiens, il dit en repoussant ses consolations pour n'accepter que ses félicitations : "Qu'ai-je donc fait à Dieu pour être le père de trois religieuses et de deux prêtres, dont un, évêque et martyr ?"

Dieu rappela à Lui M. Daveluy le 29 mars 1870 à 8 heures du soir. En Corée, on se trouvait au 30 mars, cinq heures du matin. "Seigneur, avait-il dit dans ses prières, j'ai vécu les années de mon Père ; vous qui avez été si bon pour moi, faites-moi la grâce de quitter ce monde le jour du martyre de mon fils." »

 

Carte de la Corée

 

Pour en savoir plus, nous vous conseillons de consulter les annales des Missions Etrangères de Paris dans lesquelles nous avons recueillis les informations ci-dessus :

www.mepasie.org

 

Basilique du Vatican - 14 octobre 1984
(Extrait de l'homélie de Jean-Paul II lors d'une concélébration pour les martyrs de Corée)

« L’évangile d’aujourd’hui nous parle des serviteurs que le roi envoya pour appeler les invités aux noces de son Fils: “Allez aux croisées des chemins: tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce” (Matth. 22, 9)

Beaucoup de fils et filles de France ont accompli un grand service missionnaire à l’égard de la jeune Eglise de Corée.


En effet, le Pape Grégoire XVI, ayant reçu une lettre de la communauté de laïcs qui demandait l’envoi de prêtres, s’adressa en 1827 à la Société des Missions étrangères de Paris, qui connaissait un moment de forte expansion missionnaire, en lui proposant de répondre à la demande. Parmi les volontaires qui se présentèrent, il y eut le premier évêque désigné par le Saint-Siège comme Vicaire Apostolique pour la terre de Corée, Mgr Barthélemy Bruguière. Mais il mourut avant de rejoindre son lieu de destination.


Par contre le martyre attendait les Français courageux qui dès l’année suivante, en 1836 commencèrent leur activité en Corée: Pierre Maubant et Jacques Chastan. Et de même furent martyrisés le second Vicaire Apostolique, Mgr Laurent Imbert, arrivé en 1837, puis Mgr Siméon Berneux, Mgr Antoine Daveluy, et d’autres héros français, dont nous avons inscrit les noms, comme vous le savez, “dans le livre de la vie” (Phil. 4, 3; Apoc. 3, 5; 13, 8; 21, 27).


Ces Martyrs missionnaires ont fraternisé avec ceux de Corée dans un unique témoignage de foi qui montre à quel point la charité a une valeur qui ne connaît pas les barrières ou les limites de la nationalité ou de la culture. Celui qui aime vraiment sa patrie ne peut considérer comme un “étranger” le chrétien d’un autre pays. Et de même tout vrai chrétien considère d’une certaine façon comme ses compatriotes les hommes des autres pays. De même que les missionnaires français surent reconnaître des frères dans les Coréens, de même les Coréens surent reconnaître des frères dans les Français. La meilleure façon d’aimer sa propre patrie et de respecter celle des autres tient justement dans le partage de cet esprit de “catholicité”, c’est-à-dire d’authentique universalité, de cet amour pour l’homme enseigné par l’Evangile et qui est un don de Dieu à l’humanité entière.


C’est pourquoi l’Evangile est ouvert à toute forme de culture: il féconde de l’intérieur les qualités spirituelles et les dons qui sont propres aux diverses cultures (Gaudium et Spes, 53). »

 

 

 
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