Le peintre George Desvallières
(1861-1950) se convertit en 1904 à Notre-Dame des Victoires, et mit dès lors
son art au service de l'expression religieuse. Nourri d'humanisme classique,
cet ancien élève d'Elie Delaunay et Gustave Moreau avait affiché jusqu'alors
l'attitude du dandy, ce qui ne l'empêchait pas d'être aussi intransigeant dans
son amour de l'art que dans ses convictions patriotiques. Un soir, sa quête de
Dieu, et celle de ceux qui priaient pour lui (sa mère, notamment), le menèrent
au pied de Notre-Dame des Victoires. La Vierge reçut ainsi le cri de son âme :
" Une voix l'interpellait impérieusement : "En voilà assez, tu vas réciter le
credo, là, le front sur la pierre" (conférence de Gérard Ambroselli, gendre de
Desvallières, devant la société de Saint-Jean, en 1992). Il y est allé, puis
s'est dit : "Maintenant, tu n'as plus qu'à te confesser..." Le prêtre qui
reçut cette confession se montra peu sympathique au nouveau converti. Il fit
néanmoins œuvre sainte.
Avec Maurice Denis, Desvallières fonda
les Ateliers d'art sacré et se consacra totalement à sa vocation, pour l'amour
du Sacré-Cœur de Jésus et de la Vierge, Reine des Anges: " Je voudrais faire
comprendre aux jeunes artistes que la vie n'atteint toute sa passion, toute sa
véhémence et toute sa tendresse que vue au travers des plaies de Notre
Seigneur Jésus-Christ, que vue au travers du cœur sanglant de la Vierge percé
des sept poignards " disait le peintre qui revêtit, en 1914, l'habit du
Tiers-Ordre dominicain.