La Basilique à travers les âges

Saints et Visiteurs illustres

 
 

 

 Soeur Elisabeth de la Trinité

Lettre à Marie-Louise Maurel (L35)

 

7 octobre 1900+ Dimanche matin

 

Ma bien chère Marie-Louise,

Votre bonne grande lettre a été reçue et lue avec joie par votre amie qui vous aime tant. J'aurais voulu vous répondre de suite pour vous dire que le colonel a fait répondre de suite à maman par madame Recoing, disant que monsieur Léon venait d'être nommé sergent et que le colonel serait heureux de nous être agréable en cette circonstance en faisant tout ce qu'il pourrait pour votre frère. Vous pensez bien, chère Marie-Louise, si nous sommes heureuses de cela, dites-le à votre bonne mère que nous aimons tant et à laquelle nous sommes bien contentes de pouvoir être agréables. Jamais nous n'oublierons son accueil si bon, si affectueux, et bien souvent nous pensons à ces délicieuses journées. Voyez-vous, chère amie, il me semble que j'ai toujours connu vos chers parents !…

Nous avons passé deux jours à Paris en rentrant à Dijon, chez une bonne amie que nous étions heureuse de revoir. J'ai eu le bonheur d'aller à Montmartre et à Notre-Dame-des-Victoires ; oh ! comme j'ai prié pour vous, chère Marie-Louise, et pour tous ceux qui vous sont chers !

Nous avons été deux fois à l'Exposition, c'est bien beau, mais je déteste ce bruit, cette foule. Marguerite se moquait de moi et prétendait que j'avais l'air de revenir du Congo ! En arrivant à Dijon mercredi soir, nous avons trouvé nos amies de Rostang qui ne nous avaient pas dit le jour de leur arrivée pour que nous n'avancions pas notre retour. Nous avons été bien heureuses de les revoir, je leur ai bien parlé de vous, de notre délicieux séjour à Labastide !…

Maintenant nous nous installons et ce n'est pas une petite affaire, je vous assure, quand on rentre après une absence de trois mois. J'ai retrouvé mon amie Marie-Louise ; elle a bien mauvaise mine et a besoin de soins ; elle va déjà mieux depuis qu'elle est revenue, et elle ne rentrera au Sacré-Cœur que lorsqu'elle sera tout à fait bien, de sorte que je vais en jouir tout l'hiver. Je croix rêver en la voyant à côté de moi à la Messe tous les matins, car je croyais bien ne plus la voir ici. Souvent je lui parle de vous et elle vous connaît déjà, ma bonne Marie-Louise.

Aujourd'hui nous avons été ensemble à une distribution de récompenses aux enfants du patronage dont je m'occupe ; je ne les avais pas vues depuis trois mois et ces pauvres petites étaient si heureuses de me revoir que j'en était touchée ! Que j'aimerais vous emmener là avec moi, chère amie, nos pauvres petites vous aimeraient tant. Quel malheur d'être si loin ! Souvent mon cœur et ma pensée sont près de vous, je vous vois là-bas dans votre belle montagne ; je suis si contente de connaître votre petit nid si délicieux !

Adieu, ma bonne Marie-Louise, pensez toujours quelquefois à moi, surtout près du bon Dieu, là il fait si bon se retrouver. Donnons-nous rendez-vous près de Lui, n'est-ce pas ? Parlez-Lui quelquefois de votre amie Elisabeth qui, elle, aime tant Lui parler de sa chère Marie-Louise ! Je vous envoie mes meilleures tendresses ainsi qu'à vos chers parents, sans oublier mademoiselle Victorine.

Tout à vous, Elisabeth

 

"De misères... je suis si pleine. Mais le bon Dieu m'a donné une mère, image de sa miséricorde, qui d'un mot sait calmer toute angoisse dans l'âme de sa petite enfant et lui donner des ailes pour s'envoler sous les rayons de l'Astre créateur." Elisabeth de la Trinité*

* Extrait du livre sur Sr Elisabeth de la Trinité : "Vers le double abîme - Ses pensées profondes à méditer et à vivre" recueillies et présentées par Alphonse Lybaert o.c.d. - Editions Resiac

 

 

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