Desgenettes à l’abbé Guéranger : « Confidite ! »
Si sa grande oeuvre reste principalement celle de l’Archi-confrérie, l’abbé Desgenettes fut après quelques années de son premier ministère parisien, aux Missions étrangères, un soutien très efficace de l’abbé Prosper Guéranger, restaurateur de l’abbaye de Solesmes et de l’ordre bénédictin en France. L’ouvrage publié en 1984 par les moines de Solesmes sous la signature de Dom Delatte s’en est fait largement l’écho.
Où l’on voit en effet :
. que l’abbé Desgenettes prit sous son aile l’abbé Guéranger, en 1829, alors que celui-ci était encore le secrétaire de l’évêque du Mans, Mgr de la Myre, à qui notre fondateur avait procuré un appartement comme abri de ses derniers jours (p. 39) ;
. que l’abbé Guéranger, nommé administrateur de la paroisse des Missions étrangères à la demande - agréée par Mgr de Quélen - de l’abbé Desgenettes, y acquit rapidement une telle réputation que l’on pensa pour lui à la charge de Grand Aumônier - le prélat responsable de la Maison ecclésiastique du roi (p. 52) ;
. qu’à partir de 1833, l’abbé Desgenettes fut l’un des premiers « quêteurs », en chaire et auprès de ses amis, pour l’oeuvre de régénération du futur abbé de Solesmes (1837) ; ainsi appuya-t-il la souscription ouverte en faveur des bénédictins avant de permettre la rencontre de l’abbé Guéranger avec Dom Groult, dépositaire d’« une somme considérable affectée à l’avance à l’oeuvre d’une restauration monastique » (p. 112).
. que le curé de Notre-Dame des Victoires, déjà bien connu des autorités romaines avant de fonder l’association qui deviendrait très vite l’archiconfrérie, apporta sa caution au projet de l’abbé Guéranger pour Solesmes, auprès de l’internonce, Mgr Garibaldi (p. 129).
Dans sa charge de curé de Notre-Dame des Victoires, durant les quatre années (1832-1836) de « désert » où il lutta pour relever sa paroisse (jusqu’au renouveau apporté par sa révélation intérieure du 3 décembre 1836), l’abbé Desgenettes continuait ainsi de faire oeuvre sainte, avec un exceptionnel discernement. En 1833, il écrivait à son ami l’abbé Guéranger :
« J’ai une confiance entière que Dieu vous bénira et que vous réussirez. C’est son oeuvre, mon ami, elle est marquée à son coin, celui de la contradiction ; mais que rien n’ébranle votre courage, ni n’arrête vos efforts. Pressuram habebitis, il faut vous y attendre ; mais confidite, ego vivi mundum*. » (Lettre du 30 août 1833).
* « Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 16:33)
