La Basilique à travers les âges

Saints et Visiteurs illustres

 
 

 

 Anne-Marie Javouhey 


Anne-Marie Javouhey


La fondatrice des religieuses dites de Saint-Joseph de Cluny venait souvent prier le Cœur Immaculé de Marie. Elle qui fut, aux yeux du pape Pie XI, " la première femme missionnaire " s'était installée rue de Valois à son retour de Guyane, où elle avait vécu quinze ans. Ses sœurs prirent donc l'habitude de venir prier avec elle à Notre-Dame-des-Victoires avant de partir outre-mer pour accomplir leur œuvre d'éducation auprès des peuples colonisés. Et chaque année, en souvenir de l'affiliation de leur congrégation à l'Archiconfrérie (en 1854), elles y revinrent en pèlerinage.

« Pourquoi 1854 ? C'est l'année choisie par le Seigneur pour la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, le 8 décembre. Le même jour, Mère Rosalie Javouhey, deuxième Supérieure Générale, consacrait la Congrégation tout entière au Saint et Immaculé Cœur de Marie. Car 1854, c'était aussi l'année choisie par le Seigneur pour permettre à l'Institut de fixer ses règles de vie, de définir "le cachet propre qui doit distinguer ses membres", autrement dit le charisme. Pour cette raison, Mère Rosalie, d'entente avec son Conseil, avait décidé de s'assurer la protection maternelle de Marie, par cette donation "authentique, solennelle, irrévocable." Le soir même, le Père Delaplace (cssp) déposait l'acte de donation au sanctuaire de N.D. des Victoires. Marie, Vierge Fidèle, a pris très au sérieux ce don qui lui était octroyé. Sa présence se manifeste aux heures de crise : rappelons 1870, 1914, 1939. Mère Maria de St Jean, Supérieure Générale, décède en 1940, au début de la seconde guerre mondiale. Mère Catherine de Jésus-Christ, Assistante Générale, peut du Portugal, un autre fief de Marie, assumer sa fonction de Vicaire et correspondre avec les communautés d'Outre-Mer. Mai 1947, au Chapitre Général, Mère Marie de St Jean, qui avait vécu la tourmente à Paris, reçoit la responsabilité de la Congrégation. Son désir de remettre à Marie sa croix de Supérieure Générale n'est pas seulement un geste de spontanéité. Elle a expérimenté que seule Marie pouvait diriger la Congrégation. Le soir, avant de se coucher, elle confiait sa croix à Notre-Dame : trop lourd pour moi, semblait-elle dire. Et le 15 Août 1947, à l'occasion de sa fête, son Assistante Générale, pour résoudre le dilemme, lui offrait une réplique de sa croix. Surprise totale jusqu'à l'ouverture de l'écrin dont "la Vierge désire se voir offrir le contenu".

La Supérieure Générale suspend cette croix au cou de la statue de Marie, puis fait graver sur une plaque de marbre : "J'ai été établie Mère Générale Perpétuelle - 15 Août 1947" ... »

Extrait de "Cluny Mission" n° 392 (le journal des Soeurs de St-Joseph de Cluny)
 

Anne-Marie Javouhey, la petite Nanette de Chamblanc (Côte-d'Or), se consacra à Dieu dès l'âge de 19 ans. Ayant reçu très tôt l'intuition de sa mission en faveur des malheureux, elle travailla avec beaucoup de force et d'intelligence à l'affranchissement des esclaves, au Sénégal, à La Réunion, aux Antilles, en Guyane, cherchant toute sa vie " la sainte Volonté de Dieu ".

Dans son souci de promotion humaine et spirituelle, elle était rejointe par l'abbé Desgenettes, curé de Notre-Dame des Victoires, qui s'éleva lui-même en chaire, en 1839, contre le sort effrayant fait aux populations des colonies. Cette intervention précéda d'ailleurs de quelques mois la lettre apostolique du pape Grégoire XVI condamnant la traite des Noirs et le principe d'inégalité des races qui en était la prétendue justification.

 

 

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