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Jésus prie

Jésus prie

Jésus a appris des formules de prière de sa mère, qui conservait et méditait dans son cœur toutes les « grandes choses faites par le Tout-Puissant  » (cf. Lc 1, 49 ; 2, 19 ; 2, 51). Mais sa prière jaillit d’une source autrement secrète, comme il le laisse pressentir à l’âge de douze ans : « Je Me dois aux affaires de mon Père » (Lc 2, 49). Ici commence à se révéler la nouveauté de la prière dans la plénitude des temps : la prière filiale, que le Père attendait de ses enfants, va enfin être vécue par le Fils unique Lui-même dans son Humanité, avec et pour les hommes.

« Un jour, quelque part, Jésus priait. Quand il eut fini, un de ses disciples lui demanda : Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1).

N’est-ce-pas d’abord en contemplant son Maître que le disciple du Christ désire prier ?  C’est en contemplant et en écoutant le Fils que les enfants apprennent à prier le Père.

Chercher à comprendre la prière de Jésus, à travers ce que ses témoins nous en annoncent dans l’Evangile, c’est nous approcher du Seigneur comme du Buisson ardent :

d’abord le contempler lui-même en prière,

puis écouter comment il nous enseigne à prier,

pour connaître enfin comment il exauce notre prière.

Du Christ, durant son ministère, les évangélistes ont retenu deux prières plus explicites.

Ces 2 prières commencent chacune par l’action de grâces.

Dans la première (cf. Mt 11, 25-27 et Lc 10, 21-23), Jésus confesse le Père, le reconnaît et le bénit parce qu’il a caché les mystères du Royaume à ceux qui se croient doctes et l’a révélé aux   » tout petits  » (les pauvres des Béatitudes). Son tressaillement  » Oui, Père !  » exprime le fond de son cœur, son adhésion au  » bon plaisir  » du Père, en écho au  » Fiat  » de Sa Mère lors de sa conception et en prélude à celui qu’il dira au Père dans son agonie. Toute la prière de Jésus est dans cette adhésion aimante de son cœur d’homme au  » mystère de la volonté  » du Père (Ep 1, 9).

La seconde prière est rapportée par S. Jean (cf. Jn 11, 41-42) avant la résurrection de Lazare. L’action de grâces précède l’événement :  » Père, je te rends grâces de m’avoir exaucé « , ce qui implique que le Père écoute toujours sa demande ; et Jésus ajoute aussitôt :  » je savais bien que tu m’exauces toujours « , ce qui implique que, de son côté, Jésus demande d’une façon constante. Ainsi, portée par l’action de grâce, la prière de Jésus nous révèle comment demander :

Avant que le don soit donné,

Jésus adhère à Celui qui donne et Se donne dans ses dons.

Le Donateur est plus précieux que le don accordé,

il est le  » Trésor « , et c’est en Lui qu’est le cœur de son Fils ;

le don est donné  » par surcroît  » (cf. Mt 6, 21. 33).

Il existe aussi ce qu’on appelle « La prière sacerdotale » de Jésus. Elle tient une place unique dans mise en acte du salut. Jésus s’y révèle en effet comme notre Grand-Prêtre qui intercède pour nous et s’offre au Père pour nous sauver.

Lire les textes : cliquer ici

Jésus prie avant les moments décisifs de sa mission

Jésus se retire souvent à l’écart, dans la solitude, sur la montagne, de préférence de nuit, pour prier (cf. Mc 1, 35 ; 6, 46 ; Lc 5, 16). Il porte les hommes dans sa prière, puisque aussi bien il assume l’humanité en son Incarnation, et il les offre au Père en s’offrant lui-même.

L’Evangile selon S. Luc souligne l’action de l’Esprit Saint et le sens de la prière dans le ministère du Christ.

Pour lire l’évangile selon saint Luc cliquer ici

Jésus prie avant les moments décisifs de sa mission :

avant que le Père témoigne de lui lors de son Baptême (cf. Lc 3, 21) et de sa Transfiguration (cf. Lc 9, 28),

avant d’accomplir par sa Passion le Dessein d’amour du Père (cf. Lc 22, 41-44).

avant les moments décisifs qui vont engager la mission de ses Apôtres : avant de choisir et d’appeler les Douze (cf. Lc 6, 12), avant que Pierre le confesse comme  » Christ de Dieu  » (cf. Lc 9, 18-20) et afin que la foi du chef des Apôtres ne défaille pas dans la tentation (cf. Lc 22, 32).

Enfin, toutes les détresses de l’humanité de tous les temps, toutes les demandes et les intercessions de l’histoire du salut sont recueillies dans le cri de Jésus sur la Croix. Voici que le Père les accueille et, au delà de toute espérance, les exauce en ressuscitant son Fils. Ainsi s’accomplit et se consomme le drame de la prière

Jésus enseigne à prier


L’Evangile nous livre un enseignement explicite de Jésus sur la prière.

Tout d’abord, Jésus insiste sur la conversion du cœur : la réconciliation avec le frère avant de présenter une offrande sur l’autel (cf. Mt 5, 23-24), l’amour des ennemis et la prière pour les persécuteurs (cf. Mt 5, 44-45), prier le Père  » dans le secret  » (Mt 6, 6), ne pas rabâcher de multiples paroles (cf. Mt 6, 7), pardonner du fond du cœur dans la prière (cf. Mt 6, 14-15), la pureté du cœur et la recherche du Royaume (cf. Mt 6, 21. 25. 33). Cette conversion est toute polarisée vers le Père, elle est filiale.

Le cœur ainsi décidé à se convertir, apprend à prier dans la foi. La foi est une adhésion filiale à Dieu, au-delà de ce que nous sentons et comprenons. Il peut nous demander de  » chercher  » et de  » frapper « , puisqu’il est lui-même la porte et le chemin (cf. Mt 7, 7-11. 13-14).

De même que Jésus prie le Père et rend grâces avant de recevoir ses dons, il nous apprend cette même audace :  » tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez déjà reçu  » (Mc 11, 24). Telle est la force de la prière,  » tout est possible à celui qui croit  » (Mc 9, 23), d’une foi  » qui n’hésite pas  » (Mt 21, 22). Autant Jésus est attristé par le  » manque de foi  » de ses proches (Mc 6, 6) et le  » peu de foi  » de ses disciples (Mt 8, 26), autant il est saisi d’admiration devant la  » grande foi  » du centurion romain (Mt 8, 10) et de la cananéenne (Mt 15, 28).

Mais attention, la prière de foi ne consiste pas seulement à dire  » Seigneur, Seigneur « , mais à accorder le cœur à faire la volonté du Père (Mt 7, 21).

Trois paraboles principales sur la prière nous sont transmises par S. Luc :

lire les textes cliquer ici

La première parabole,  » l’ami importun  » (cf. Lc 11, 5-13), invite à une prière instante :  » Frappez, et l’on vous ouvrira « . A celui qui prie ainsi, le Père du ciel  » donnera tout ce dont il a besoin « , et surtout l’Esprit Saint qui contient tous les dons.

La deuxième,  » la veuve importune  » (cf. Lc 18, 1-8), est centrée sur l’une des qualités de la prière : il faut toujours prier sans se lasser avec la patience de la foi. « 

La troisième parabole,  » le pharisien et le publicain  » (cf. Lc 18, 9-14), concerne l’humilité du cœur qui prie.  » Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis « .

Prier avec l’Esprit-Saint :

Dans l’Esprit Saint, la prière chrétienne est communion d’amour avec le Père, non seulement par le Christ, mais aussi en Lui : « Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon Nom. Demandez et vous recevrez, et votre joie sera parfaite » (Jn 16, 24).

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d’après le catéchisme de l’Eglise catholique n° 2598 à 2679