MIEUX CONNAITRE LOUIS ET ZELIE MARTIN  
 

 

Nous publions ici quelques articles de la revue « Thérèse de Lisieux »
que nous remercions de son aimable autorisation.

        

Résumé de la cause de béatification

En 1953, sœur Geneviève publie Le Père de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (carmel de Lisieux) avec seize lettres de Louis Martin en Appendice.
                 
En 1954, est édité La Mère de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (mêmes éditions), toujours écrit par Céline Martin.

Partout dans le monde des suppliques surgissent pour demander l’ouverture de leur cause. Ainsi un évêque des Etats-Unis (à Paterson) a reçu trente mille sept cents signatures.

C’est alors que la prieure du carmel de Lisieux, Mère Françoise-Thérèse, demande à l’évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr Jacquemin, dans une lettre du 2 février 1956, d’ouvrir les deux causes.

Le 24 février 1956, pour le soixantième anniversaire de la profession religieuse de Céline, l’évêque annonce la prochaine ouverture du procès informatif de Louis Martin. Il est vrai que juridiquement, il aurait dû être instruit dans le diocèse d’Evreux puisqu’il est mort à La Musse. Mais Mgr Gaudron, évêque d’Evreux, se dessaisit de la cause au profit du diocèse de Bayeux et Lisieux.

 

Prière pour demander la béatification de Louis et Zélie Martin
et pour solliciter des grâces par leur intercession
Thérèse de Lisieux – n° 379 – Juillet-Août 1994

Dieu notre Père, je te rends grâce
pour Louis et Zélie Martin dont le couple fut fidèlement uni,
donnant le témoignage d’une vie chrétienne exemplaire
par l’exercice du devoir d’état
et la pratique des vertus évangéliques.

Dans l’éducation d’une famille nombreuse,
à travers les épreuves, les deuils et la souffrance,
ils ont manifesté généreusement leur confiance en Toi,
leur soumission à ta volonté.

Le Père et la Mère de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus,
dont l’Eglise a reconnu les vertus héroïques,
sont déjà un exemple pour les familles d’aujourd’hui.

Daigne, Seigneur, m’accorder la grâce
que je sollicite par leur intercession
et faire connaître pleinement tes desseins à leur égard
en obtenant leur béatification.
Amen

 

Les deux procès de canonisation

Ils ont donc été instruits d’abord séparément de 1957 à 1960.

Le procès de Louis Martin, débutait à Lisieux le 22 mars 1957. 23 témoins furent interrogés à Sées, un à Vannes et un au Mans pour une guérison attribuée à Louis.

Le 12 février 1960, le procès de Bayeux était clôturé dans la chapelle du carmel de Lisieux. Porté à Rome, il fut reconnu valide le 8 juin 1990 par la Congrégation de la cause des saints.

En parallèle, du 10 octobre 1957 au 7 janvier 1959, avait lieu le procès de Zélie Martin à Sées. 13 témoins furent entendus, un à Chartres, un à Vannes, 2 à Paris. 8 furent interrogés à Lisieux : au total, 25 témoins.

La validité de ces procès fut reconnue par Rome le 15 février 1991.

Le 9 juin 1964, les écrits de Louis et de Zélie Martin ont été examinés et approuvés par le pape Paul VI et la Congrégation des rites.

En 1971, la cause devient « historique » à cause du petit nombre de témoins vivants.

Il est bien clair que si Louis et Zélie Martin sont béatifiés un jour, ce n’est pas parce qu’ils ont été les parents d’une sainte, leur fille Thérèse, canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 à Rome, mais parce que leur vie, à chacun, a été reconnue par l’Eglise, après une minutieuse et longue enquête, conforme à la vie évangélique.

Evidemment cette enquête a porté sur leur vie personnelle : celle concernant Louis Martin a été faite par un tribunal du diocèse de Bayeux et Lisieux et celle de Zélie, par un tribunal du diocèse de Sées étant donné qu’elle est décédée à Alençon.

Une particularité seulement, important il est vrai : à partir de 1971 leur cause avance comme celle d’un couple. Jusqu’ici dans l’histoire de la sainteté dans l’Eglise catholique, il n’y a qu’un seul cas de ce type (1).

Voici les principales étapes de ce processus, non encore terminé à ce jour (2).

Dès 1925, lors des fêtes de la canonisation de Thérèse Martin à Lisieux, le cardinal Antoine Vico, préfet de la Sacrée Congrégation des rites (qui s’occupait alors de la cause des saints) s’exclama : « Eh bien, maintenant on demande à Rome qu’on s’occupe du papa ! » 

A cause d’Histoire d’une âme (1898) écrit par Thérèse, on connaissait beaucoup plus Louis que Zélie Martin.

En 1941 commença la publication des lettres de la mère dans les Annales de sainte Thérèse de Lisieux et en 1946 fut édité Histoire d’une famille du Père Piat. Le succès fut considérable. Sa réédition n’a pas cessé jusqu’à aujourd’hui et a dépassé plus de cent mille exemplaires. Il a été traduit en de nombreuses langues avec un succès particulier aux Etats-Unis et au Canada.

Le 6 février 1946, lors du jubilé d’or de sœur Geneviève de la Sainte-Face (Céline Martin) Mgr Picaud, évêque de Bayeux et Lisieux, portant un toast, formula un souhait devant le nonce apostolique de France, Mgr Roncalli (futur Jean XXIII) : que la cause des parents Martin soit ouverte.

 

1. Luigi et Maria Beltrame Quattrochi, décédés respectivement en 1951 et 1965, ont eu quatre enfants. Jean-Paul II les a béatifiés en octobre 2001.
2. Pour ce résumé, nous avons largement bénéficié du travail de Melle Marie-Béatrice de Cérou, docteur en droit, ingénieur des recherches à la faculté de droit d’Aix-en-Provence, publié dans VT, n° 160, 2000 : Louis et Zélie en route vers la béatification, p. 7-23




L’union de la cause des deux époux

Mgr Giovanni Papa, vice-rapporteur général à Rome et Mme Marie Perrier (de l’institut séculier Notre Dame de Vie), ont travaillé à la présentation de la cause « en couple ».

49 bibliothèques ou archives ont été consultées dont celles du carmel de Lisieux qui possède 9 700 lettres évoquant plus ou moins la vénération des parents Martin.

Ces travaux considérables aboutirent, après diverses péripéties (décès divers, réorganisation de la curie romaine, etc.) à une Positio en deux volumes de 690 et 1340 pages. Le Père Siméon de la Sainte-Famille, postulateur général de l’ordre des Carmes, nommé depuis 1973, mena à bien tout ce travail, commencé trente-quatre ans auparavant.

Le 19 mars 1991, le Père Siméon demanda à Rome d’examiner la Positio et de reconnaître « les vertus héroïques » des parents Martin.

Se joignaient à lui, le carmel de Lisieux, le diocèse de Bayeux et Lisieux, l’épiscopat de France, des associations de laïcs et de familles catholiques du monde entier, le Conseil pontifical pour les laïcs et celui pour la Famille.

Le 20 décembre 1993, les consulteurs théologiens donnèrent un avis favorable.

Le 15 mars 1994, sur la proposition du cardinal canadien Gagnon, les évêques et cardinaux des congrégations romaines ont reconnu Louis et Zélie Martin héroïques dans la pratique des vertus.

 



Les vénérables Louis et Zélie Martin
Thérèse de Lisieux – n° 735 – Juin 1994

 

Le 26 mars dernier, le pape Jean-Paul II a proclamé « Vénérables » Louis et Zélie Martin, en vue de leur Béatification. Voici le déroulement des étapes qui ont conduit à cette décision.

La nouvelle de la proclamation des Vertus Héroïques de Louis et Zélie Martin a surpris par son apparente soudaineté, mais il ne faut pas oublier que les travaux qui ont préparé cette Cause ont débuté depuis une quarantaine d’années. On rappelle même qu’à Lisieux, lors des fêtes de la Canonisation de Sainte Thérèse en 1925, le cardinal Vico, alors Préfet de la Congrégation des Rites, avait dit : « Eh bien maintenant on demande à Rome qu’on s’occupe du Papa ! » Mais il n’en fut pas question davantage.

A partir de 1941, la publication des lettres de Mme Martin la fit connaître à son tour, mais ce fut surtout l’Histoire d’une Famille écrite par le R.P. Piat en 1946 et traduite en plusieurs langues, qui répandit une plus exacte connaissance du foyer où s’était épanouie Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Dans toutes les circonstances de leur vie, il apparut que Louis Martin et Zélie Guérin, unis dans le mariage le 13 juillet 1858, avaient vécu dans la foi une soumission courageuse à la volonté de Dieu, une grande fidélité aux devoirs de leur vie chrétienne et familiale et une héroïque acceptation des épreuves qu’ils avaient rencontrées.

Parmi leurs neuf enfants, quatre moururent en bas âge. Zélie elle-même devait décéder à quarante-six ans après de grandes souffrances et le père, resté seul avec cinq filles, sus s’incliner devant la vocation de chacune d’elles à la vie religieuse monastique. Meurtri dans son cœur et dans son esprit par une maladie qui atteignit ses facultés mentales, il s’éteignait en 1894, à l’âge de soixante et onze ans. Et bien que rien n’ait distingué avec quelque éclat la vie ordinaire et rangée de ce couple entouré d’une nombreuse familles, un halo de vénération marqua bientôt leur mémoire : Sainte Thérèse elle-même consacra à leur souvenir des réflexions délicieuses que son Histoire d’une âme propagea largement.

Insensiblement, l’attention de nombreux fidèles se portait sur les parents Martin qui avaient donné un tel exemple. Force fut bien de reconnaître que les suppliques se multipliaient en faveur d’une procédure de béatification : un mouvement de puissante ferveur se propagea dans les années 50, et particulièrement depuis l’Amérique on fit pression sur le Carmel de Lisieux et sur sœur Geneviève, dernière survivante de la famille, pour que la Cause soit engagée.

On doit à Mgr Jacquemin, alors évêque de Bayeux et Lisieux, d’avoir pris la décision d’ouvrir le Procès informatif diocésain concernant M. Martin : c’était en 1956 et les séances du Tribunal commencèrent en 1957. En 1957 commença également le Procès informatif concernant Mme Martin, par décision de l’évêque de Séez, Mgr Pasquet. En 1959 et 1960, les travaux terminés furent portés à Rome, après qu’ait eu lieu, en octobre 1958, l’exhumation des restes mortels des deux Serviteurs de Dieu : du cimetière de Lisieux ils furent transférés tout près de la Basilique où leurs deux tombes sont encore côte à côte, au pied d’une statue de Sainte Thérèse, leur fille…

Sœur Geneviève eut un rôle particulier et prépondérant de témoin au cours de ces Procès qui constituèrent son ultime labeur ici-bas. Le 25 février 1959, elle rendait le dernier soupir, au seuil de ses quatre-vingt dix ans.

A ce stade,  nous rendons hommage aux Vice-Postulateurs : le Père François de Sainte Marie, carme, pour M. Martin, et le Chanoine Terrillon du diocèse de Meaux, pour Mme Martin. Bientôt l’abbé Deroo, du diocèse de Lille, fut nommé pour remplacer le père François décédé prématurément et au même fut confiée également la Cause de Mme Martin, lorsque le Chanoine Terrillon demanda à être déchargé pour raison de santé : c’était en 1966, alors que dans sa séance du 9 juin 1964 la Congrégation des Rites avait approuvé les écrits réunis dans les Procès.

Une difficulté de procédure surgit alors : on estima que les témoins oculaires étaient trop peu nombreux, ce qui était inévitable en raison du temps écoulé depuis la mort des Serviteurs de Dieu… Le Postulateur des Causes du Carmel, chargé du dossier, dû prendre la décision de transférer les Causes à l’Office historique de la Congrégation : il fallait tout reprendre à nouveau pour accomplir un travail minutieux de recherche portant sur tous les témoignages divers pouvant être recueillis dans les publications antérieures, afin de réunir une documentation aussi élaborée que possible sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté des Parents de Sainte Thérèse. A ce moment - 1971 - il fut décidé de faire un travail unique concernant cette Cause : elle ne serait plus traitée en tant que Causes de l’un et de l’autre, mais en tant que Cause unique du couple. La cheville ouvrière de ce travail fut Mgr Giovanni Papa qui donna le plan des vingt-neuf documents devant s’intégrer en cinq parties :

                  - Louis Martin avant le mariage
                  - Zélie Martin avant le mariage
                  - Mariage et vie conjugale
                  - Louis Martin veuf et témoignages sur l’épouse défunte
                  - Témoignages relatifs à la renommée de sainteté des deux jusqu’aux Procès.

Pour ce travail très important, non seulement nous sommes redevables au Postulateur Général et à ses collaborateurs de Rome, mais aussi à l’abbé Deroo et à Madame Périer que l’Institut Notre Dame de Vie autorisa à aider et relayer l’abbé Deroo : chargé de paroisse il se trouvait empêché de se rendre à Rome aussi souvent que nécessaire.

La Position ainsi composée fut imprimée et également, mais un peu plus tard, un autre volume couvrant l’étude théologique sur les vertus des Serviteurs de Dieu. Le 13 octobre 1987, puis le 21 décembre 1993, les consulteurs des Causes des Saints donnèrent un avis favorable qui ouvrait la voie à une dernière étape : l’avis des cardinaux préposés à l’examen des Causes, après plaidoyer du cardinal Gagnon, nommé ponent pour la Cause des Parents de Sainte Thérèse. Dans leur séance du 15 mars 1994, eux-mêmes donnèrent un jugement largement favorable… et sans doute « l’Année de la Famille » joua un rôle circonstanciel positif, en favorisant une proclamation très rapide de l’héroïcité des vertus de Louis et Zélie, le samedi 26 mars de cette même année 1994 qui voit, pour la première fois, un couple de laïcs en marche vers les honneurs des autels. Que la miséricorde de Dieu et la prière du peuple chrétien fassent que soit obtenu le miracle qui permettra au Saint Père de déclarer « bienheureux » ceux qui seraient alors proposés comme modèles et intercesseurs en faveur de la famille chrétienne, intention si chère au cœur du Pape Jean-Paul II.

On peut donc les vénérer, en attendant la reconnaissance d’un miracle pour qu’ils soient béatifiés.

                  Ce miracle vient d’avoir lieu.



La guérison du bébé Pietro Schilirò

Pietro Schilirò, cinquième enfant de Valter et Adèle Leo est né, le 25 mai 2002, à l’hôpital Saint Gérard de Monza (Italie). De la salle d’accouchement, il est immédiatement transporté à l’unité de soins intensifs pour grave insuffisance respiratoire. Il est intubé, relié à un respirateur. Le 3 juin, les médecins le déclarent en danger de mort. Ses parents appellent le P. Antonio Sangalli, carme, de Monza pour ondoyer Pietro en urgence, ce qui est fait. Avec l’accord des parents, une biopsie est faite, le 6 juin, pour favoriser un diagnostic.

Le P. Sangalli propose alors aux parents qu’il connaît depuis des années de faire une neuvaine de prière à Louis et Zélie Martin, ce qu’ils acceptent en demandant à de nombreux parents et ami(e)s de se joindre à eux. Ils leur donnent le texte de la neuvaine. Une image des parents Martin est accrochée au lit de Pietro. Le résultat de la biopsie n’est pas bon (1), cependant les médecins sont étonnés de constater que l’enfant supporte la ventilation des poumons sans succomber.

Le docteur d’Alessio, chirurgien de l’hôpital de Legnano (Milan), déclare que l’examen macroscopique se présente dans les pires conditions et qu’à son avis, l’état de Pietro est désespéré.

La doctoresse Capellini, de l’hôpital de Monza, d’après l’examen histologique, parle d’une malformation congénitale due à une insuffisance de maturation pulmonaire. La doctoresse Zorloni avertit la famille Schilirò que l’issue fatale approche et que des prélèvements postmortem seront effectués sur le nouveau-né pour de futurs examens.

La famille et ses amis commencent une seconde neuvaine. Le 13 juin, après la récitation du chapelet, le P. Sangalli réitère la demande à Louis et Zélie Martin de faire connaître la volonté de Dieu et de guérir l’enfant.

Les médecins notent des améliorations imprévisibles à tel point que le 29 juin, jour de la fête de Pietro, une amélioration sensible se manifeste. Le 2 juillet, l’enfant est libéré du respirateur et le 27, il quitte l’hôpital. Il a trente-trois jours.

Le 14 septembre, Pietro est porté à la paroisse de Monza pour recevoir les rites complémentaires du baptême en présence de 400 personnes qui rendent grâces.

De nombreux médecins conseillent aux parents de faire examiner le cas de leur fils par une commission d’Eglise.

Du 31 décembre 2002 au 3 janvier 2003, la famille Schilirò avec Pietro, sept mois, le P. Sangallli et des pèlerins italiens sont venus rendre grâce à Lisieux.

Le cardinal archevêque de Milan, Mgr Dionigni Tettamanzi a ouvert un procès pour examiner cette guérison inexplicable.

Le 10 juin 2003 (après une interrogation de dizaines de témoins, dont sept médecins) dans la chapelle de l’archevêché de Milan, en présence du père postulateur carme de la Cause des parents Martin, Siméon de la Sainte-Famille, de Mgr Angelo Amadeo, instructeur du procès, de Mgr Guy Gaucher, évêque auxiliaire de Bayeux et Lisieux, de la famille Schilirò, de Pietro (treize mois) et d’une centaine de personnes, le cardinal archevêque a reconnu l’origine miraculeuse de cette guérison et en a fait part à la Congrégation pour la cause des saints et le 7 juillet 2003, le pape Jean-Paul II en a été informé.

 

1. Examen n° I 10107.2002 du 06.06.2002 de Pietro Schilirò, né le 25.05.2002, n° d’hospitalisation 2002021927, Codici T-28000 M74000. Hôpital Saint Gérard de Monza. V.O. d’anatomie et d’histologie pathologique. Directeur : professeur R. Buffa.


Le miracle qui fait des bienheureux
Thérèse de Lisieux – n° 831 – Mars 2003

Visite d’action de grâce de la famille Schilirò à Lisieux,
après la guérison de leur enfant

Du 31 décembre 2002 au 3 janvier 2003, le Foyer Louis et Zélie Martin de Lisieux a reçu un groupe de pèlerins italiens, guidé par le P. Antonio Sangalli, carme de Monza (Milan). Parmi eux, une famille heureuse venue remercier les parents de Sainte Thérèse pour la guérison du dernier de leurs six enfants, Pietro Schilirò (7 mois).

En effet, leur joie et leur reconnaissance sont d’autant plus grandes que Pietro, atteint d’une malformation pulmonaire, présentait dès la naissance une incapacité à assumer seul sa respiration. Né le 25 mai 2002, condamné par les chirurgiens et médecins de l’hôpital, complètement dépendant d’un système respiratoire artificiel qui s’avérait insuffisant, Pietro reprend vie le 29 juin en la fête de Saint Pierre, son patron.

La maman de Pietro avait lu, il y a longtemps, l’Histoire d’une Ame qui l’avait mise fort en colère : comment Dieu peut-il permettre la souffrance de quelqu’un qui se donne tout à Lui ? Elle a ensuite rencontré le Père Antonio, qui l’a aidée à entrer de plus en plus dans la « petite voie ».

Valter et Adèle, les parents de Pietro racontent :

                  « L’épreuve de la maladie mortelle de Pietro nous a été une grâce. Ce que nous vivions en paroles seulement : notre confiance en Dieu, il nous était demandé de la prouver dans notre chair. Nous n’avons jamais douté de la présence bienveillante du Seigneur au sein de notre souffrance, mais nous voulions comprendre le sens de cette épreuve.

La clef nous a été donnée par la petite Thérèse. Ma sœur, qui ne pouvait nous secourir avait demandé à sainte Thérèse de nous aider. En ouvrant le volume des Lettres de Thérèse, il lui fut donné de tomber sur les lettres 194 et 195 qui parlent de la vocation missionnaire du tout petit enfant.

Ainsi nous comprenions que Pietro, resté sur son lit, immobile, les bras en croix, retenus par 18 tuyaux (drains, perfusions, cathéters etc.) participait à la grande mission salvatrice de Jésus et que « lorsque l’Agneau ouvrira le livre de vie, quel étonnement pour la Cour Céleste d’entendre proclamer avec ceux des missionnaires et des martyrs le nom des pauvres petits enfants qui n’auront jamais fait d’actions éclatantes.

Le Père Antonio nous a parlé de Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse, et nous a proposé de faire une neuvaine par leur intercession pour la guérison de Pietro et pour hâter leur béatification. Nous avons distribué plus de 500 images à la famille, aux amis, à la paroisse et au travail ; nous avons fait plusieurs neuvaines en récitant la prière, avec la conviction que nous serions exaucés, sans aucun mérite de notre part, par pure bonté du Seigneur. Et l’amélioration est venue brusquement : les 26 et 27 juin, Pietro a eu des crises d’insuffisance respiratoire telles que le samedi 29 juin au matin, nous nous demandions en arrivant à l’hôpital, si nous le trouverions encore en vie. L’infirmière nous a rassurés aussitôt en parlant de miracle. L’amélioration s’est maintenue, si bien que le 3 juillet on put retirer la ventilation artificielle.

Quand nous sommes sortis définitivement de l’hôpital, avant de rentrer à la maison, nous avons porté un bouquet de fleurs à l’autel de l’église. Mais notre façon de remercier est surtout de témoigner pour faire connaître les parents de Thérèse Martin ».

Les photos prises par le Papa, avant et après la guérison de Pietro sont très impressionnantes. Son intention était de garder un souvenir du bébé en prévision de sa mort annoncée par les médecins. Maintenant elles vont rejoindre le dossier médical en vue de la reconnaissance d’un miracle des Parents Martin, miracle exigé pour leur béatification. Un tribunal va être constitué à Milan pour l’étude de cette guérison.

 

Miracle à Milan
Thérèse de Lisieux – n° 836 – Septembre 2003

Le 10 juin dernier, j’étais dans la chapelle du Cardinal Archevêque de Milan, Mgr Dionigi Tettamanzi, entouré de trois juges et secrétaires pour un acte solennel : la clôture officielle du procès du procès concernant la guérison de Pietro Schilirò, né le 25 mai 2002 à Monza (Italie), par l’intercession de Louis et Zélie Martin.

En présence de toute sa famille, ses quatre frères et sœurs, d’une centaine de personnes dont le postulateur de la cause, le P. Siméon de la Sainte Famille, carme, du P. Antonio Sangalli, carme qui avait suggéré aux parents de Pietro de prier les parents Martin et… des Reliques de sainte Thérèse. En effet, celles-ci étant en Italie du Nord (Venise, Trieste, Trento, etc…), il avait été possible - heureuse coïncidence - qu’un tel moment historique ait lieu en leur présence.

  Il y avait aussi plusieurs médecins ayant constaté l’étonnante guérison de ce bébé, né avec des poumons dans un tel état que médicalement parlant, il ne pouvait pas vivre. Immédiatement assisté d’une aide respiratoire dès la naissance, il dépérissait, allant vers une mort certaine, jusqu’au moment où, après plusieurs neuvaines aux Parents Martin, priées en union avec des paroissiens, précisément le 29 juin 2002,  fête de Saint Pierre, Pietro allait mieux. Le 3 juillet, il était libéré de toute ventilation artificielle et retournait chez lui le 24 juillet, en parfaite santé.

Après enquête auprès de nombreux témoins, dont sept médecins, le Cardinal Tettamanzi a reconnu solennellement la guérison miraculeuse.

Au cours de la séance et de la prière, le miraculé de treize mois circulait à quatre pattes dans la chapelle et parfois sous la table de la Présidence ! Spectacle assez original et forte émotion de sa famille !

On pourra se reporter au n° de mars 2003 de notre revue Thérèse de Lisieux, pp. 24-25 dans lequel nous relations la visite d’actions de grâces de la famille Schilirò à Lisieux, avec le P. Sangalli et des paroissiens de Monza. Pietro avait alors sept mois. Aujourd’hui, il commence à marcher.

Voilà des années que tous les ami(e)s des Vénérables (depuis 1994) Louis et Zélie Martin attendent LE miracle nécessaire à leur Béatification. On peut espérer que cette fois, la guérison de Pietro sera ce signe tant attendu, à l’heure où la famille reste le lien central de la vie des personnes.

Déjà nous rendons grâce pour la vie évangélique de Louis et Zélie, ses « incomparables parents » au titre de leur fille Thérèse. (Ms 4 v°, 50, 69…).

Guy Gaucher
Evêque auxiliaire de Bayeux et Lisieux