Le Manuel, que
rédigea le fondateur, est le facteur dont se servit la Providence pour
faire connaître l'Archiconfrérie.
L'Abbé Desgenettes
ne l'a écrit qu'à son corps défendant. Incapable à son avis de chanter
dignement la gloire et les bienfaits du Cœur Immaculé, il n'a entrepris ce
travail que sur l'insistance de quelques confrères, émerveillés des
évènements dont sa paroisse était le théâtre.
La première édition est du 1er janvier 1839.
Le Manuel retrace les origines du
mouvement, et nous donne le récit de multiples conversions accordées par
Marie à cette époque.
D'abord, les associés seuls le connurent. Mais à peine publié, Marie s'empara
visiblement de ce petit livre pour en faire l'instrument de ses grâces.
Un curé du diocèse
du Mans, qui vient d'inviter sa paroisse à une neuvaine en l'honneur de la
Vierge, reçoit inopinément de son neveu ce Manuel qui est pour lui toute une révélation ; il en donne lecture à ses
paroissiens et s'applique à le commenter ; toute la bourgade est aussitôt
transportée d'une ferveur et d'un émoi, dont le pasteur lui-même est
stupéfié, en même temps que ravi. Nulle autre cause apparente à ce
renouveau de piété que l'intervention de Notre-Dame des Victoires ; aussi,
dès le mois de mai suivant, la confrérie du Cœur Immaculé de Marie, Refuge
des pécheurs, est-elle installée dans son église.
D'autre part, le
neveu de ce curé, le premier propagateur du Manuel, est un missionnaire ;
partant bientôt pour la Chine, il y emporte avec soin ce trésor spirituel
et le fera connaître en Extrême-Orient.
Aux vacances, les
séminaristes de Saint-Sulpice l'emportèrent et le répandirent. Ce fut une
traînée de poudre. Le monde entier le
lut, grâce aussi aux Missions Etrangères, aux Lazaristes, aux Pères du
Saint-Esprit, aux Montfortains, aux religieuses de nombre de
congrégations.
"C'est ici, dit M.
des Genettes, que commence cette prodigieuse propagation de
l'Archiconfrérie ; nous n'allons plus que raconter les triomphes de
Marie."
En
peu d'années, quinze éditions françaises ont paru, multipliées par de
nombreuses traductions étrangères. Il faut souligner que cette diffusion
surprenante, si elle révèle une intervention de Marie dont ce livre exalte
et seconde les miséricordes, atteste également ce que nous pouvons appeler
le génie de l'Abbé Desgenettes. De
même que sa parole, en effet, sa plume inspirée possède une puissance qui
dépasse de très haut les ressources de l'art et du talent ; sur les
esprits, les volontés, les cœurs, avec le minimum de moyens, elle produit
le maximum d'impression.