La Basilique à travers les âges

Saints et Visiteurs illustres

 
 

 

 Abbé Louis Roussel (1825 - 1897) 


Abbé Louis Roussel

« Louis Roussel est né au sein d'une famille modeste le 5 décembre 1825, à Saint-Paterne, dans la Sarthe. Il est le dixième enfant. Son père exerce le métier de tisserand. M. Roussel, qui a un frère et un demi-frère prêtre, mourra en 1836. Joseph Roussel, curé de Neufchâtel-en Saosnois, prend en charge Louis et sa sœur Rosalie. Celle-ci deviendra la supérieure de la maison de Billancourt.

Louis est un enfant vif et intelligent. Son oncle décide de l'envoyer en apprentissage à Paris en 1844. Il entre chez M. Letaille, fondateur d'une petite maison d'imageries pieuses, place Saint-Sulpice. Homme profondément chrétien, M. Letaille est membre de la toute nouvelle conférence de Saint-Vincent-de-Paul, fondée par Frédéric Ozanam en 1833.

Malgré la différence d'âge, l'entente est parfaite entre Louis Roussel et son patron. Chacun travaille, la journée, dans le rôle qui est le sien. Mais c'est ensemble, en frères, qu'ils vont après le travail, à la rencontre des sans-abri dans les rues de Paris.

Tenant d'une main l'action et de l'autre la prière, comme il fera tout au long de sa vie, le jeune Louis Roussel participera avec M. Letaille à la première nuit de l'Oeuvre de l'Adoration Perpétuelle fondée par Hermann Cohen (le futur Père Augustin Marie du Très Saint Sacrement dans l'Ordre du Carmel). Louis Roussel puisera là une des intuitions de la fondation de l'Oeuvre de la Première Communion qui verra le jour quelque vingt ans plus tard.
 

Abbé DesgenettesDès son arrivée à Paris, Louis Roussel rencontre aussi l'abbé Desgenettes, curé de Notre-Dame-des-Victoires. Son autre oncle prêtre, l'abbé Louis Fouchet, qui connaissait vraisemblablement le curé parisien, lui a fait obtenir une lettre de recommandation de la marquise de Perrochel. L'abbé Desgenettes remarque tout de suite la qualité du jeune homme et le prend sous son aile.
Cette rencontre va orienter sa vie. Le voilà en de bonnes mains. Il vient de fêter ses 19 ans et l'abbé Desgenettes en fait son fils spirituel.
 

Arrivent les terribles journées de 1848. Encore une fois, Louis Roussel et M. Letaille se dévouent sans compter, allant sans crainte sous la mitraille porter secours aux blessés. Les mois passent et c'est presque naturellement que Louis Roussel entre, le 18 octobre 1849, au séminaire de Saint-Sulpice.

"Vous voyez, ô mon Dieu, Vous voyez le désir que j'ai d'être à Vous et rien qu'à Vous ! Donnez-moi la force et le moyen de satisfaire cette faim de Vous qui me dévore…", écrit-il.

Il pressent, en effet, que ce temps de séminaire ne sera pas facile. Plus âgé que ses camarades, il est aussi moins cultivé. Les efforts qu'il devra fournir sont importants. Mais il a déjà beaucoup vécu et sait par l'expérience le prix des hommes.

Il sera ordonné cinq ans plus tard, le 23 décembre 1854 en l'église Saint-Sulpice par Mgr Sibour, archevêque de Paris. Et, c'est à Notre-Dame-des-Victoires qu'il célèbre sa première messe. L'abbé Desgenettes l'assiste. Celui-ci aimerait bien le retenir comme vicaire, mais le jeune prêtre se sent attiré par une autre forme de ministère.»

Louis Roussel sera aumonier militaire de 1859 à 1865 et fondera parallèlement une petite association pour les jeunes : la Congrégation de Jésus-Ouvrier. Elle lui permet de réunir les jeunes apprentis du quartier. C'est à ce moment-là que germe l'idée de l'Oeuvre de la Première Communion destinée à recueillir tous les jeunes enfants ignorants et à les préparer à la Première Communion.
 

Mgr DarboyL'œuvre naquit le 3 mars 1866 lors de la rencontre de Louis Roussel avec Mgr Darboy, archevêque de Paris.

"Votre Œuvre est bonne, mon fils, très bonne. Non seulement je l'approuve, mais je veux être le premier bienfaiteur. Voici deux mille francs pour les premiers frais. Commencez dès demain, Dieu fera certainement le reste…"

«L'abbé Roussel, qui attendait cette parole depuis qu'il a envoyé à l'évêché un dossier de constitution, s'agenouille aux pieds de l'évêque et lui dit :

" Monseigneur, nous serons installés dans une pauvre petite maison d'Auteuil dans 15 jours, à la Saint-Joseph, le père des orphelins…".

A peine est-il sorti de l'évêché qu'il se rend rue La Fontaine à Auteuil. Là, au fond d'un jardin, une petite masure abandonnée semble l'attendre. Les murs sont lézardés, la toiture crevée et les quelques arbres, dans le jardin, sont morts pour la plupart. Le lieu pourrait paraître repoussant. L'abbé Roussel a l'intuition que là se construiront de grandes choses. Dans la pièce dont il souhaite faire la chapelle, il dépose une statuette de la Sainte Famille qu'il avait l'habitude de porter sur lui, en s'adressant au père nourricier :

"Saint Joseph, vous y êtes maintenant, tâchez d'y rester."

Il signe le bail et quinze jours après, exactement, il s'y installe avec ses enfants.»

 

Extraits tirés du supplément du journal "A l'Ecoute" de février/mars 1998
(journal des Orphelins Apprentis d'Auteuil)

 

 
 

"Il n'y a rien à faire…"

"Ah ! Seigneur, je ne sais pas ce que Vous me réservez pour un avenir prochain.
Mais faites, je Vous en conjure, que ces mots ne se trouvent jamais sur mes lèvres."

Abbé Roussel
Sermon pour la fête de St-Charles Borromée

 

 

Autel St-Joseph Basilique de N.D. des Victoires

Saints et Visiteurs illustres

 
 

Mentions légales