Lors de son pèlerinage en Italie, Thérèse s'aperçoit qu'en dehors de leur "sublime vocation", les prêtres ont aussi leurs petits côtés. Elle saisit qu'il faut beaucoup prier pour eux car ce sont des hommes "faibles et fragiles". Thérèse comprend que sa vocation n'est pas seulement de prier pour la conversion des grands pécheurs mais aussi de prier pour les prêtres. Au cours de ce même pèlerinage, elle demande au Pape d'entrer au Carmel à quinze ans. Réponse évasive, "fiasco"…
Elle attendra la réponse de Mgr Hugonin en priant avec ferveur et c’est le 1er janvier qu’il lui donne son accord.
Elle entre au Carmel que le 9 avril 1888. Les sœurs refusant qu’elle entre en plein hiver et en plein Carême…
3. Le Carmel (1888-1897)… Chemin de solitude…
Heureuse d'être là "pour toujours", "prisonnière" avec Lui... et 24 soeurs. La vie communautaire, le froid, la prière souvent dans la sécheresse, la solitude affective (même si elle retrouve deux de ses soeurs), elle supporte tout avec ardeur.
Postulante jusqu’au 10 janvier 1889 où elle prend l’habit. Elle est appelée désormais : Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face.
Sa plus grande souffrance va être la maladie de son père bien-aimé, interné au Bon Sauveur de Caen, hôpital pour malades mentaux, le 12 février 1889. Nouveau drame familial pour Thérèse. Mais Thérèse, l’assimile à Jésus souffrant sur la croix… À travers son père, elle découvre le visage de jésus souffrant…
24 Septembre 1890 : Prise de voile de Sœur Thérèse. Prise d’habit dans les larmes à cause de l’absence de son papa… Mais Elle garde son cap…
24 sept au 20 février 1893 : enfouissement de Sœur Thérèse dans sa vocation : prière, silence. Tout son amour, elle l’investit dans les petits actes du quotidien. ex : ramasser les manteaux de ses sœurs. Cet héroïsme dans la petitesse, personne ne le remarque…
20 février 1893 : élection de sa sœur Agnès comme mère supérieure du couvent. Début de la maturité pour sœur Thérèse.
1894 : Sœur Thérèse écrit ses premières pièces sur Sainte Jeanne d’Arc pour qui elle a beaucoup d’admiration. Ses sœurs découvrent ses talents d’écrivain. Elle écrira ensuite de nombreux textes et poésies.
29 juillet 1894 : mort du Père de Sœur Thérèse. Pour elle, la mort de son papa est une délivrance et enfin, elle le sent en vie depuis le début de sa maladie.
14 septembre 1894 : sa dernière sœur Céline rentre au Carmel.
Début 1895 : Découverte de sa petite voie :
Après 6 ans de Carmel… Après des souffrances et des luttes mais sans renier son désir de devenir sainte... Elle cherche sa voie … Eureka : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi » (livre des proverbes, verset 4, chap 9). Voilà la solution, je suis toute petite…ce n’est pas pas ses propres forces mais par les bras de jésus qu’elle va pouvoir atteindre la sainteté… Sa faiblesse devient sa plus grande force…Une nouvelle voie de confiance et d’amour s’ouvre devant elle.
Janvier 1895 : Par obéissance, Thérèse commence à rédiger ses souvenirs d'enfance. (Source précieuse pour nous !)
9 juin 1895 : messe de la Sainte trinité. Elle reçoit l’inspiration de s’offrir à l’amour miséricordieux de Jésus… Acte d’offrande totale de sa personne dédié à l’amour de son seigneur… Point important de sa spiritualité…
17 Octobre 1896: grande joie, elle reçoit la mission de prier pour le séminariste Maurice Bellière… Futur missionnaire… Elle qui aurait voulu convertir le monde entier… Elle multiplie ces petits sacrifices quotidiens pour porter la mission de ce jeune prêtre (patronne des missions). Un deuxième prêtre missionnaire lui sera confié plus tard.
21 mars 1896 : Sœur Thérèse devient responsable de la formation des novices… Nouvelle mission importante.
Nuit du 2 au 3 avril 1896 : Premier crachement de sang… Sœur Thérèse tombe malade. L’idée d’aller au ciel la ravit…
Avril 1896 : entrée dans une nuit de la foi. Épreuve extrême que Thérèse découvre en union avec tous les incroyants de la terre… Elle les comprend, les rejoint et les aime… et se raccroche à Jésus sauveur !
Au fond de cette nuit… c’est là qu’elle confirme sa vocation : en lisant un passage de Saint Paul sur la charité (1 Corinthiens 13). Alors, tout s'éclaire pour elle et elle peut écrire : "O Jésus mon Amour... ma vocation enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'Amour!... Oui j'ai trouvé ma place dans l'Église et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Coeur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!...
Avril au 30 septembre 1897 : maladie, passion et mort de Sainte Thérèse :
Vivant cette "com-passion", en union avec la Passion de Jésus à Gethsémani et à la Croix, épuisée par sa tuberculose, elle garde son sourire et son exquise charité qui remonte le moral de ses soeurs, consternées de la voir mourir dans d'atroces souffrances.
Par obéissance, elle continue jusqu'à épuisement la rédaction de ses souvenirs dans lesquels, avec une transparente vérité, elle "chante les miséricordes du Seigneur" dans sa courte vie. Priant pour "faire du bien sur la terre, après sa mort, jusqu'à la fin du monde", prophétisant humblement que sa mission posthume sera de "donner sa petite voie aux âmes" et de "passer son Ciel à faire du bien sur la terre".
Elle est descendue à l’infirmerie le 8 juillet… Elle ne peut plus prier : « Je ne Lui dis rien, je L’aime »
Heureuse de souffrir… Thérèse angoisse, souffre, étouffe mais offre toutes ses épreuves à Dieu…
Elle entre dans la Vie le 30 septembre 1897. « Mon Dieu, je vous aime »