Théophane Vénard naquit le 21 novembre 1829 à Saint-Loup-sur-
Thouet (Deux Sèvres), diocèse de Poitiers. Issu d'une famille de chrétiens
exemplaires, Théophane ressentit fort jeune (à l'âge de 9 ans) l'appel divin.
C'est à la lecture des Annales de la Propagation de la Foi, brochure où était
relaté le martyre de Jean-Charles Cornay, que Théophane s'exclama : "Et moi aussi, je veux aller au Tonkin; moi aussi je
veux être martyr".
Après son passage au séminaire de Poitiers, il arrive en février 1851 au
séminaire des Missions étrangères 128 rue du Bac à Paris.
Dès 1847, encore au collège, il s'était inscrit à
l'Archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires. Par la suite, au
lendemain de son ordination diaconale, Théophane avait été rendre grâce à la
Sainte Vierge et offrir à sa "Reine" un cierge d'action de grâce, à Notre-
Dame des Victoires. Il renouvellera ce pieux pèlerinage au lendemain de son
ordination sacerdotale afin "de consacrer à la
Vierge bénie son sacerdoce". Il dit à cette occasion: "j'ai offert mon coeur à la Sainte Vierge avec ceux
de tous mes amis".
En septembre 1852, à la veille de son départ définitif pour l'Extrême- Orient,
il devait rendre une dernière visite à Notre-Dame des
Victoires et confier sa mission "au coeur
maternel et immaculé de la Reine des apôtres et des martyrs".
Son arrivée au Tonkin en 1853 verra le début de son apostolat au milieu des
difficultés et des persécutions des chrétiens en vigueur à cette époque-là. Sa
devise, à travers ces tribulations, était :
"Vive la joie et haut les coeurs
(sursum corda)".
Quelques semaines avant sa mort, il écrivait à son père:
"un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le
Maître du jardin cueille pour son plaisir. Nous sommes tous des fleurs
plantées sur cette terre que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un
peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lys virginal, autre
l'humble violette. Tachons tous de plaire, selon le parfum et l'éclat qui nous
sont donnés, au Souverain Seigneur et Maître. Moi, petit éphémère, je m'en
vais le premier."

Ses chaînes
Dénoncé et trahi, il sera condamné à mort et décapité le 2 février 1861. En marchant au supplice, il
chantait le Magnificat et le Salve Regina.
Joyeux de retrouver la "patrie céleste", assuré qu'il était d'avoir mené,
comme dit l'Apôtre, le "bon combat", celui de la Foi, il remit sa belle âme à
Dieu.
Selon la belle parole de Tertullien :
"sanguis martyrum semen christianorum"
"le sang des martyrs est semence de chrétiens" 
Thérèse Martin (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus) a
découvert en 1896, à la veille de sa mort, la vie lumineuse de son frère
spirituel dont elle disait: "il a une âme qui me
plaît" ... "mon âme ressemble à la sienne". Elle entreprit alors une neuvaine à Théophane Vénard.
Lorsque sa maladie s'accentua, elle eut ces mots : "c'est lui qui m'appelle". Dans un poème intitulé "à Théophane
Vénard", Thérèse dira : "tous les élus célèbrent tes
louanges,O Théophane! Angélique martyr...."
Le Pape Jean-Paul II lors de son homélie à Lisieux le 2 juin 1980, rendant
hommage au travail accompli par les missionnaires, dira : "j'évoque le Bienheureux Théophane Vénard dont le martyr
en Extrême Orient fut une lumière et un appel pour Sainte Thérèse, qui s'est
sentie elle-même missionnaire proche de tous les missionnaires dans le monde
et proclamée par l'Eglise la Patronne des missions comme Saint
François-Xavier".
Théophane Vénard fut déclaré Vénérable le 13 février 1879 par S.S Léon XIII,
proclamé Bienheureux le 2 mai 1929 par S.S Pie X (voir la chapelle qui lui est
consacrée dans la crypte de la Basilique Sainte Thérèse à Lisieux) et canonisé
à Rome le 19 juin 1988 par S.S Jean-Paul II.
A la crypte des martyrs des Missions étrangères, rue du Bac, sont conservés
pieusement les souvenirs du martyre de Théophane et de ses frères des missions.
Les martyrs du Vietnam sont quant à eux honorés dans la liturgie le 24
novembre de chaque année.
Nous vous proposons de découvrir notre page
sur le Sanctuaire de La Vang au Vietnam.
