La dévotion à Notre-Dame des Victoires


D’où vient la dévotion à Notre-Dame des Victoires ?


L’honneur d’avoir fondé le culte gracieux de Marie, revient à l’Asie qui est aussi le berceau de la religion chrétienne, mais c’est en Europe et en Grèce que commença la dévotion à Notre-Dame des Victoires.

 

Les Grecs en effet, sont les 1ers à avoir rendu un hommage public à la Reine du Ciel.

En souvenir de sa maternelle protection contre leurs ennemis. Byzance, la superbe capitale de l’Orient, bâtie par Constantin, fut appelée par excellence, la ville de la Vierge : Civitas Virginis[1] .

Parce qu’elle lui avait été dédiée et consacrée avec de grandes solennités. Le pieux empereur l’avait ainsi placée sous sa protection, et ses successeurs imitèrent son exemple.

Leur confiance ne fut pas trompée, car les victoires et les secours attribués à Marie et consignés dans leur histoire, ne laissent aucun doute sur sa puissante protection. Ils commencèrent à honorer Marie sous le nom de Notre-Dame des Victoires en l’an 626. Selon Ferreolus Locrius[2] , ce fut après la défaite des Sarrazins et des autres barbares, qu’ils établirent une fête sous le nom de Notre-Dame de la Victoire, fixée par eux au 25 février.

Pour que leurs soldats s’intéressent plus particulièrement à la Sainte Vierge, les empereurs décidèrent que l’image de Marie soit portée dans les rangs de l’armée.

Quelques temps après, l’empire perdit de sa foi et de sa piété envers Dieu et envers la Sainte Vierge Marie; l’anarchie, fruit des passions et des vices, régnait partout, et le pouvoir, devenu la proie du plus fort était successivement disputé par des tyrans qui le conservaient à peine quelques mois.

 

Les Croisés voyant sur le trône un empereur non légitime (Alexis Ducas dit Murzuphe), résolurent de le renverser.

Le tyran effrayé se mit à la tête d’une armée de 150 000 hommes et, suivant la coutume des empereurs précédents, fit porter en tête de l’armée l’image de Notre-Dame des Victoires.

Les Croisés s’emparèrent de l’image de la Vierge, et avec elle, la victoire se déclara pour eux. La ville de Constantinople, prise par escalade fut livrée au pillage, et le règne de Murzuphle trouva ainsi sa fin.

Les croisés français reconnaissants, établirent en souvenir de ce triomphe, la fête de Notre-Dame de la Victoire le 23 Mars.

 

La dévotion à Notre-Dame de la Victoire passa des Grecs aux autres peuples catholiques, après la prise de Constantinople par les Turcs.

On dit que ces derniers trainèrent le tableau (la Nicopée) dans les rues de Constantinople et le mirent en pièces.

Les Espagnols furent les premiers à accueillir la dévotion avec bonheur. Leurs annales religieuses sont pleines de faits qui attestent la protection que Marie leur accorda dans les combats multipliés qu’ils livrèrent contre les nombreux ennemis de la religion.

Après d’innombrables victoires remportées contre les Maures, la dévotion à la Très Sainte Vierge, fut importée jusqu’en Amérique. Ce furent encore les espagnols et leurs voisins Portugais qui furent dans ces contrées lointaines, les heureux propagateurs du culte de Notre-Dame de la Victoire.

Deux églises furent bâties sous ce titre, à l’occasion de deux victoires remarquables remportées par la protection de Marie.

 

L’italie honoraient également Notre-Dame des Victoires à travers les arts.

Malgré toutes les commotions politiques qui ont successivement révolutionné ce pays, cette dévotion y subsite encore dans toute sa religieuse poésie.

Charles d’Anjou, frère du roi de France, avait reçu l’investiture des royaumes de Naples et de Sicile, par Urbain IV et par Clément IV, et avait été couronné roi par ce dernier, le 6 janvier 1265. Conradin son compétiteur, s’avançait contre lui avec de grandes forces pour lui disputer le trône.

Les deux armées ennemies se rencontrèrent à Tagliacozzo, près du lac de Celano, le jeudi 23 août 1268. Charles, inférieur en force, implore le secours de la Sainte Vierge, et fait voeu solennellement de lui bâtir une église s’il est victorieux.

Le combat s’engage, Conradin est battu et son armée, taillée en pièces.

Le prince victorieux fait bâtir au lieu même où il a remporté la victoire, une magnifique église et une riche abbaye sous le nom de Sainte Marie de la Victoire. Les Bénédictins auxquels il confia cette abbaye devaient prier jour et nuit pour le salut de ceux qui avaient péri dans le combat. Cette église fut détruite quelques années après par un tremblement de terre.

Après le combat de Marignan qui fut si terrible, que Trivulzio, ce vétéran qui avait assisté à dix-huits batailles, dit que, c’étaient des batailles d’enfants auprès de ce combat de géants. François 1er, vainqueur, fit bâtir sur le lieu même du combat, à Milan, une église en l’honneur de la mère de Dieu, reine des Victoires.

Il reconnaissait ainsi publiquement, qu’il devait ce mémorable triomphe à celle qu’il avait implorée dans l’ardeur de la mêlée.

 

De l’Italie, la dévotion à Notre-Dame des Victoires passa dans la Belgique et dans l’Allemagne

Parmi les nations au-delà du Rhin, qui polirent leurs moeurs à la lumière de la foi, il est juste de citer les Hongrois et les Polonais. Nuls peuples n’embrassèrent le culte de Marie avec plus d’ardeur, nuls ne l’honoraient plus dévotement.

 

La dévotion de Notre-Dame des Victoires en France

L’empereur Charles V proclamait déjà de son temps cette grande vérité, qui n’a fait, qu’acquérir de la force en s’éloignant de nous :

“Nulle nation, n’a plus fait pour sa ruine que la France: mais la Providence prend la France en si grande protection que, ses fautes mêmes tournent toujours à son avantage”.

Mais quel est donc ce moyen si puissant et cette Providence si attentive au salut de la France, qu’elle fait tourner ainsi ses fautes à profit ? C’est la Sainte Vierge Marie, qui se plaît aujourd’hui, à faire éclater les merveilles de la puissance de Dieu en faveur de tous ceux qui implorent son secours.

Terrible comme une armée rangée en bataille, c’est elle qui ruine tous les complots des ennemis de l’Eglise, tellement qu’on peut penser que c’est pour l’Eglise de France, si confiante en la Sainte Vierge, que le Seigneur a dit que les portes de l’enfer ne prévauderaient jamais.

N’en soyons pas étonnés car, dès sa fondation en nationalité, la France a toujours été chrétienne, catholique, attachée par le coeur à l’Église, et en même temps, toujours dévouée au culte de la Sainte Vierge.

 

Regnum Galliae, Regnum Mariae.

 

La France est le royaume de Marie. C’est ainsi que s’exprimaient nos pères; dans leur reconnaissance, ils aimaient à proclamer hautement les bienfaits qu’ils en avaient reçus, et nos annales sont remplies des prodiges que Marie ne cessa d’accorder à ses enfants.

 

[1]Baronius, annales, eccles.ann.453. Nicéphore,lib.8,c.26. Historicumbreviarium, traduit par le président Cousin.

[2]Ferreolus Locrius. Mariae Augustoe Lib. II, cap. 5, Baronius, ann. 625.

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