#Edito : Dans ce bout de pain…


Le Seigneur est venu pour nous sauver, il n’est pas venu pour les bien portants, mais les malades.


Afin de guérir les malades, le Seigneur a promis de nous laisser sa présence. Pour cela, il fait à chacun le don de son Esprit. Plus encore, par le Saint Sacrement, il est présent, lui-même, comme il y a 2000 ans. Comme disait le curé d’Ars devant ses paroissiens en regardant le tabernacle : « Il est là ». Ce qui est là, ce n’est pas une idée, un symbole, un signe, c’est LUI ! C’est le donné pour que nous ayons la vie.

Cette vie, quand nous la contemplons, se répand. Elle soigne ce qui nous permet d’être en relation avec le monde mais qui est parfois si désordonné en moi : mes sens. Elle soigne mes yeux si souvent abimés par les images qui sont comme des impasses vides, lugubres et sombres. Celles que je vois dans la rue, au cinéma, à la télévision, au théâtre, sur l’ordinateur, sur le téléphone. Elles devraient me satisfaire, elles sont comme de la glue pour mon cœur. Cette vie divine contemplée, soigne mon corps celui même qui me permet d’aimer. Ce corps mal honoré, souvent brutalisé, contraint, mal embelli. Le Saint Sacrement est comme un onguent qui répare et dispose à une relation nouvelle avec mes frères. En le regardant, il me divinise, me purifie. Mais cette vie contemplée, ne fait pas que réparer.

Cette vie, quand nous la mangeons, se donne. Elle nous donne tout ce que l’Esprit peut donner :  l’Esprit de sagesse et d’intelligence, l’Esprit de conseil et de force, l’Esprit de connaissance et de piété, l’Esprit de la sainte crainte, qui sont comme les sept vertus de l’Esprit. Elle ravive en moi le don du baptême en renouvelant la foi qui me permet de m’unir au Seigneur, en renouvelant l’espérance, puissance de marche qui obtient de Dieu ce qui m’est nécessaire. Et en renouvelant l’amour, puissance de don, lieu principal de ma ressemblance à la Trinité. Quelle vie ! Quelle puissance ! Quelle force ! Dans ce bout de pain

Voilà en quelques lignes ce qu’est le Saint Sacrement. Il est de surcroît l’hôte inouï et véritable de nos églises, où nous nous réfugions si souvent pour trouver la paix et l’unité de nos âmes. Nos Eglises brûlent, nous les reconstruisons, nous en avons besoin pour vire cet échange merveilleux, où deux amours qui se cherchent se donnent. Ainsi, peu à peu, nous devenons « tabernaculaires ». Enfants de la sagesse divine, qui voient en Jésus un frère et en Marie, une mère.

 

Père Antoine d’Augustin
Curé Recteur de la Basilique Notre-Dame des Victoires


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