#Edito : « il est revenu à la vie ! »


Cette parabole du fils prodigue pourrait s’appeler la parabole de deux fils qui n’ont pas compris que le père est père.


Mais quelle espérance quand on sait que le Père ne cesse d’attendre en ne cessant jamais d’aimer ! Commençons par parler de ces deux fils. Toute notre attention est portée sur le cadet, ce noceur, qui dit à son père: « Père, donne-moi la part de fortune qui me revient ». Cette attitude nous dérange, elle est celle de l’égoïsme, de la légèreté, de la rupture du lien avec le père. Bien évidemment, l’histoire se termine mal. Le cadet dilapide sa fortune et se retrouve dans le besoin dans la pire des circonstances, celle de la famine.  Et là, il décide de revenir vers son Père : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, traite-moi comme l’un de tes ouvriers. » Nous prenons naturellement le parti de l’ainé, le bosseur, fidèle, qui ne demande rien et ne compte pas sa peine. Mais son comportement n’est pas celui d’un fils lorsqu’il dit « Il y a tant d’années que je suis à ton service sans jamais avoir transgressé tes ordres » en n’utilisant jamais le mot de père.

 

Les deux fils sont différents, le bosseur et le noceur, mais se retrouvent sur un point : leur relation au père s’inscrit dans une approche plus comptable que filiale.

Ils n’ont pas compris que le père est père. Ils passent à côté de cette dignité d’enfant qui fait ce que nous sommes, qui nous structure, nous donne une origine, une stabilité, une sécurité … Elle nous fait grandir et en cela nous permet de nous envoler sans jamais rompre le lien. Cette relation est fondée sur le don, pas sur l’égoïsme. La question qui nous est posée aujourd’hui par le Père : Où en es-tu de ta relation avec moi ?  Cette question actuelle est celle du carême. Nous pouvons, nous aussi, ressembler à l’un de ces deux fils, nous éloigner. Et c’est précisément là que l’évangile nous propose un chemin d’espérance. Le Père ne compte pas et donne tout, pardonne tout. Il aime, c’est tout.

 

Le Père nous attend en nous ouvrant les bras. C’est la promesse possible du retour à Dieu. Le Père ne demande pas d’explication. « Vite, mangeons et festoyons dira le père car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est revenu ».

 

Bertrand Chevalier, diacre


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