#Edito : « Jésus-Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche pour que vous deveniez riches par sa pauvreté ».


Cette parabole du riche et de Lazare nous interpelle durement.


Le riche est en proie à la torture et le pauvre reçu par les anges. Le Christ veut-il nous dire que la richesse nous conduit irrémédiablement en enfer ?
Pire, le riche veut sauver ses frères et demande à Abraham d’envoyer Lazare les alerter mais celui-ci reste sans appel : S’ils n’écoutent pas Moïse ni les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts, ils ne seront convaincus !

 

Une fois n’est pas coutume, le pauvre est nommé alors que le riche reste ici anonyme, en apparence du moins. Car Saint Luc nous précise qu’il était vêtu de pourpre et de lin fin, ce qui nous désigne un grand prêtre. Son environnement l’empêchait d’accepter de se mêler cette impureté au risque de devenir impur lui-même.

Et c’est précisément là que le Christ inverse tout en nous demandant d’aimer, d’être bienveillant, de porter attention, d’être charitable.

 

Le Christ ne condamne pas les riches. Abraham l’était lui-même ! Il ne remet pas en cause davantage la réussite. D’ailleurs ne l’a-t-il pas illustré dans la parabole des talents ? Chacun reçoit des dons particuliers, non à son seul profit, mais pour venir servir.

Dans ce pauvre, c’est l’humilité qui est glorifiée, et dans le riche l’égoïsme qui est puni.

 

« J’avais froid et tu m’as habillé, j’avais faim et tu m’as nourri (…). »

Je pense à ce chef d’entreprise qui accumulait les succès et l’argent sans jamais se soucier de son environnement, et pas davantage des personnes qui travaillaient pour lui. Sa mission n’était-elle pas au contraire de tirer son équipe par le haut, de donner à chacun sa chance dans l’accomplissement d’un projet ?

Si nous ne devons pas être terrifiés par ce récit qui n’a pas vocation à faire une cartographie du séjour des morts, nous ne devons pas pour autant être ici de simples spectateurs car nous pouvons être alternativement ce riche ou Lazare. La richesse est en effet très relative, et nous avons toujours quelqu’un qui nous appelle, a besoin de nous.

 

« Pleurez avec ceux qui pleurent, soyeux joyeux avec ceux qui le sont (…) ».

Bien sûr, cela n’est pas toujours facile, et nous sommes en chemin. Contrairement à ce riche qui demande à prévenir ses frères, il nous est demandé de croire pour aimer. Bien sûr, nous trébuchons.

Mais Jean ne nous dit-il pas que « le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde ; mais la miséricorde se moque du jugement ».

Alors soyons des pauvres de Dieu afin qu’il nous enrichisse de Lui-même (St Augustin) en nous retournant et en acceptant de donner un peu de nous, de prendre la main de l’autre.

 

Bertrand Chevalier, Diacre


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