#Edito : Le Bon Pasteur


En ce quatrième dimanche de Pâques, après nous avoir invités à méditer sur les apparitions du Christ ressuscité, La liturgie nous conduit à porter notre regard, notre attention et notre prière sur la figure du Christ pasteur de son peuple.


C’est pourquoi, ce dimanche est traditionnellement intitulé dimanche du Bon pasteur, car selon l’évangile de saint Jean, Jésus lui-même dit : « je suis le Bon pasteur, le vrai pasteur qui donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,14).

Cette réflexion sur la figure du Christ pasteur nous conduit à comprendre l’organisation et le fonctionnement de notre Église autrement que comme un organisme politique ou un organisme social, dans lequel le pouvoir et la responsabilité, le service de l’ensemble du peuple seraient dévolus à telle ou telle personne pour un temps donné et sans que cela engage sa propre vie. Tel n’est pas le modèle du ministère pastoral que le Christ nous a donné en exemple à travers son histoire personnelle et son interprétation.

Dans ces quelques versets de l’évangile de saint Jean, il nous faut remarquer que Jésus parle de lui-même en se plaçant toujours en référence par rapport au Père. La mission de Jésus parmi les hommes n’est pas son œuvre personnelle, c’est la mission que le Père lui a donné d’accomplir et c’est en référence à l’autorité et à la puissance de ce Père que Jésus agit à l’égard des hommes. S’il se désigne comme le pasteur, ce n’est pas pour se substituer à la présence du Père mais au contraire pour donner une image concrète de cette présence. Le pasteur, c’est celui qui a soin du troupeau, celui qui veille sur le troupeau et sur chacun des membres du troupeau. D’une certaine façon, le seul pasteur, c’est Dieu : Dieu le Père, Dieu le Fils, et Dieu l’Esprit. C’est dans cette relation intime entre le Fils et l’Esprit Saint que la vigilance, l’attention de Dieu à l’égard des hommes s’expriment et se réalisent. La mission pastorale que Dieu confie à ses disciples et à son Église ne peut donc pas être dissociée de cette relation trinitaire du Père, du Fils et de l’Esprit. En tout cas, elle ne peut pas être isolée comme une simple fonction organique. L’Église, comme toutes les institutions humaines, requiert une certaine organisation interne pour son fonctionnement, mais ce n’est pas par ce biais que Jésus définit la fonction pastorale. Il définit la fonction pastorale par le lien qui l’unit au Père et par le lien qu’il veut établir avec les membres de son troupeau. De même que lui et le Père ne font qu’un, de même il veut ne faire qu’un avec les membres de son troupeau et manifester cette présence active de Dieu au milieu des hommes.

 

Cardinal André Vingt-Trois


et, efficitur. lectus quis, fringilla Nullam ut sem,