#Edito : Le combat des rois


Deux rois se font face. Deux rois, deux espérances.


Ponce Pilate, un roi qui a le suffrage de la majorité. Il incarne l’espérance que, demain, le monde ira mieux. Ici, dans l’Evangile, ça passe par la suppression de Jésus.

Aujourd’hui encore ne sommes-nous pas tentés de servir ce genre de roi ? Des rois qui incarnent les raisons pour lesquelles les hommes sont prêts à se battre et à s’entretuer. Ainsi on assassine pour dire le droit. On dénonce pour dire la vérité. On vole pour assurer l’équité. On ment pour gagner sa vie.

En face de Ponce Pilate, il y a un autre roi, Jésus Christ. La seule espérance qui ne déçoit pas. Le seul roi capable de donner à l’homme ce qu’il lui doit. Or, ce que l’homme attend en vérité, c’est d’être aimé. D’être reconnu pour ce qu’il est : une personne pour l’amour de laquelle on peut donner sa vie. Ce roi-là n’attend pas qu’on meurt pour lui, lui meurt pour nous. Voilà l’honneur de l’homme. Voilà le signe que je suis important : mon roi est mort pour moi, pour que je vive. Et si l’homme que Jésus aime meurt ? Lui ne meurt pas, il continue à l’aimer dans la vie éternelle.

Aujourd’hui son règne est invisible. C’est celui de l’innocent qui fait surgir ici-bas la figure du pardon. Car pour moi il a traversé la mort, mais n’en est pas mort. Il vit. Il m’aime. Il me soigne, il me conduit, il me fait confiance. Il me donne sa vie qui me repose. Alors, oui, pour lui, pour ce roi, pour mon roi, pour ce roi là je veux bien mourir.

En vérité, nous sommes partagés entre les deux figures royales. Nous allons de l’une à l’autre. Que l’Esprit Saint nous montre le vrai roi. Celui qui se donne à nous.

 

 

Père Antoine d’Augustin


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