#Edito : Leçon d’amour dans la plaine…


Jésus lève les yeux sur ses disciples qu’il appelle « heureux ». Ils sont les pauvres, et le Royaume des Cieux est à eux.


Nous sommes aussi ses disciples, et donc les pauvres à qui appartient le Royaume. Le bonheur nous est aussi promis. Mais où est-il, s’il me manque ce dont j’ai besoin ?

Comme nous le lisons dans le livre de la Genèse (Gn 30, 13), le bonheur est d’avoir crié et d’avoir été exaucé.  Le pauvre attend tout de Dieu. Il vit dans la dépendance. Seul, il ne peut rien faire. Du fond de sa pauvreté, le pauvre sait que le Royaume de Dieu est là pour lui, rien que pour lui.

C’est la réciprocité de l’amour. Un échange de deux libertés qui se cherchent, se trouvent et se donnent. L’amant est pauvre de son aimée et l’aimée est pauvre de son amant. Ainsi, l’accès au royaume de Dieu n’est pas une affaire de droit, mais de loi. Celle du libre amour échangé. Un don qui rend terriblement pauvre, dépendant de l’Autre et tellement heureux d’être complété, accompli, consommé.

Oui, celui qui aime en vérité est très pauvre, mais quelle joie d’être aimé par celui qui donne tout !

Oui, le bonheur est fondé sur l’intervention imminente de Dieu. Quelle est belle et joyeuse la bien aimée qui attend l’aimé qui vient. C’est la promesse d’une vie nouvelle avec le Seigneur qui pourvoit à tout.

Mais malheur à nous les riches. Car le bonheur se résume à nos possessions. La joie ne vient plus de celui qui donne mais de la chose elle-même. Cette joie est courte, fade, médiocre. Elle est comme un verre de coca-cola qui ne rassasie pas, pire, qui donne soif. Elle est comme une grille du loto qui déçoit toujours. Comme la télé qui parle, sans me parler.

Oui, heureux l’homme pauvre qui se plait dans la loi du Seigneur et murmure son amour jour et nuit. Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau.

 

Père Antoine d’Augustin


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