#Edito : «M’aimes-tu ?»


« Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? »


Comment penser que Pierre ait pu entendre ce triple questionnement de Jésus sans que remonte à sa mémoire le triple reniement, dans la cour de la maison du grand prêtre, au moment du procès de Jésus ?
En lui posant cette question, Jésus lui montre que, quoi qu’il ait fait, Pierre demeure celui avec qui il veut construire son avenir. C’est pourquoi il l’invite à nouveau à le suivre et à devenir le pasteur de son troupeau.
En choisissant celui qui l’a trahi, celui qui l’a renié, Jésus veut montrer que ce n’est jamais sur nos mérites ou sur notre justice que s’appuie l’action de Dieu, mais sur le pardon qu’il accorde. « Choisis dans la miséricorde », c’est la devise du Pape François. Nous sommes tous appelés par notre baptême, à entrer dans cette relation de l’amour du Christ où nous recevons le pardon de nos péchés.
Plus encore, par les réponses de Pierre aux trois questions de Jésus, nous comprenons que Jésus s’abaisse au niveau de Pierre. Il sait maintenant qu’il ne peut pas aimer comme Jésus aime. Il répond à Jésus quelque chose comme « je t’aime bien, Seigneur ». Jésus, Lui, peut aimer Pierre avec ce qu’il est et là où il en est, dans sa faiblesse et sa pauvreté. Autrement dit, Pierre est appelé à suivre le maitre avec la conscience de sa propre fragilité. Comme le dit Benoît XVI, sa conscience ne le décourage pas. Pierre sait compter sur la présence du ressuscité à ses côtés.
Marchons, assurés que c’est sur la miséricorde que Dieu fonde ses appels, et non sur nos mérites. Soyons donc certains que le Seigneur marche à nos côtés, quelle que soit notre fragilité.

Père Antoine d’Augustin
Curé Recteur de la basilique Notre-Dame des Victoires


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