#Edito : Prudence !


Prudence, toi qui te crois éclairé et qui donnes des conseils à ceux que tu penses moins doués que toi.


Car être disciple du Maître, c’est renoncer comme lui à se poser en juge des autres.

C’est le fameux paradoxe de la paille et de la poutre. L’image est devenue célèbre avec sa leçon : que chacun balaie devant sa porte ! Sans oublier que pour enlever une poutre, il faut faire appel à plusieurs personnes…Cette morale nous rappelle qu’il ne faut pas trop se fier à son propre jugement. Celui qui le ferait deviendrait un homme au jugement perverti. Ou plus exactement, un hypocrite.

Mais qu’est ce qui va dévoiler mon état d’éventuel hypocrite ? Mes actions ! Et c’est la suite de la parabole. Pour la sagesse juive, l’humain est tout entier dans ses œuvres : paroles et gestes dévoilent infailliblement son identité. C’est pourquoi la tradition biblique défend l’idée d’un jugement divin sur les œuvres de l’homme : elles sont indicatrices de son être profond. Quels sont les critères qui permettent de les évaluer ? Je vous en propose trois :

-Sont-elles cohérentes avec l’engagement de votre vie ?

– Sont-elles révélatrices de bonté ? En d’autres termes, pouvez-vous les faire avec amour, unis à Dieu, sous le regard de ceux que vous aimez ?

-Enfin sont-elles belles ? C’est-à-dire, sont-elles en harmonie avec vous, la création et le Créateur ?

Souvenons-nous qu’il ne sert à rien de pleurer auprès de Dieu si nous ne sommes pas prêts à participer d’une façon ou d’une autre à son projet d’accroître son règne dans le monde, dans notre monde.

Voilà donc un carême qui commence bien, par un examen de conscience salutaire. Que l’Esprit nous éclaire et nous donne la force d’accomplir ce qu’il veut.

 

Père Antoine d’Augustin


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