#Edito : Va, ta foi t’a sauvé  !


En cette fin du mois d’octobre et de clôture du Synode, méditons l’évangile avec st Bède le Vénérable, moine anglais, docteur de l’Église (672-735)


C’est en approchant de Jéricho, que Notre-Seigneur rend la vue à cet aveugle, parce que c’est en paraissant revêtu d’une chair mortelle et aux approches de sa passion, qu’il amène un grand nombre d’âmes à la lumière de la foi.

En effet, ce n’est pas dans les premières années de son incarnation, mais dans les années qui ont précédé immédiatement sa mort, qu’il a révélé au monde le mystère du Verbe incarné.

C’est en passant que Jésus entend les cris de cet aveugle ; car si c’est par la puissance de sa divinité qu’il chasse les ténèbres de notre âme, c’est par son humanité qu’il a compassion de nous.

La naissance, la mort de Jésus sont comme un passage, ce sont des actions accomplies dans le temps, mais se tenir debout signifie pour Dieu, ordonner d’une manière immuable. Le Seigneur appelle à lui cet aveugle qui crie, lorsqu’il charge les prédicateurs de porter aux nations la parole de la foi.

Ceux-ci appellent l’aveugle, l’excitent à la confiance, lui commandent de se lever et de venir trouver le Seigneur, lorsqu’en instruisant les ignorants, ils font naître dans leur âme l’espérance du salut, les font sortir de la fange des vices, et leur commandent de se préparer aux combats de la vertu.

L’aveugle jette son manteau et s’élance vers Jésus, figure de celui qui se débarrasse de tous les liens du monde, et qui s’empresse de marcher d’un pas libre vers la source de la lumière éternelle.

Imitons cet aveugle, ne demandons à Dieu ni les richesses, ni les biens de la terre, ni les honneurs, mais demandons à voir cette lumière que nous avons le privilège de ne contempler qu’avec les anges. C’est la foi qui nous conduit à cette lumière, aussi le Sauveur répond à cet aveugle: « Va, ta foi t’a sauvé ».

Il voit et se met à la suite de Jésus, c’est-à-dire, qu’il fait le bien qu’il lui est donné de comprendre ; car suivre Jésus, c’est pratiquer le bien que l’intelligence perçoit, c’est imiter celui qui, aux félicités de ce monde, a préféré les ignominies et les opprobres. Il nous apprend ainsi que ce sont les amertumes qui ramèneront dans notre âme la joie intérieure que la poursuite des biens de la terre nous a fait perdre.

 

Père Antoine d’Augustin


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