#Edito : Voici ma mère et mes frères


Que de divisions dans nos familles…


N’avez-vous jamais dû lutter avec Alfred ou Ginette pour leur expliquer que non, aller à la messe n’est pas si ringard mais peut être au contraire révolutionnaire ?

Que de discussions pour savoir s’il faut ou non accueillir Marcel qui est divorcé remarié ou Julie qui est homosexuelle ? N’avez-vous pas entendu parler d’un oncle ou d’une tante qui refuse d’entrer dans une église le jour du baptême de « la petite » : « Tu comprends, moi, ce n’est pas mon truc ». Et que de paroles dures, injustes, regrettables à ces occasions-là.

Ces situations, Jésus les avait annoncées :

Il était pour eux une occasion de chute (Mc 6,3).

Faut-il s’en désoler ? Oui, bien sûr, mais au fond, soyons honnêtes, ces réalités multiples et difficiles sont-elles toujours le vrai motif de nos divisions familiales ? Au fond, la vraie pierre d’achoppement n’est-elle pas souvent la vérité, c’est-à-dire le Christ ?

Généralement l’ado ne veut pas aller à la messe en vérité par paresse ou parce qu’il n’a pas encore vraiment adhéré au Christ. Souvent, on va refuser de recevoir une personne par peur de nos propres émotions ou par peur de ce que notre entourage va penser. Habituellement encore, nous refusons d’aider une personne d’une autre religion, d’une autre race ou d’un autre pays, juste par manque d’amour, par idéologie mal placée, par blessure familiale.

Bref, la vérité n’est pas toujours où on la met. Elle éclaire souvent des situations dont la vraie source est la peur, l’égoïsme, les manques d’amour.

La pierre d’achoppement est bien l’amour qui n’est pas donné : le Christ ignoré.

Jésus a annoncé les divisions familiales et les persécutions. N’en soyons pas étonnés. Marchons à sa suite. Bien sûr, cela demande un détachement qui ne laisse pas nos familles sans réaction. Il va parfois falloir tenir une fidélité difficile. Continuer à aller à la messe le dimanche, alors que les frères et sœurs n’y vont plus. Jésus nous demande de nous redresser. Sans cesser d’aimer notre famille de sang, nous faisons partie depuis notre baptême d’une autre famille, celle de ceux qui font la volonté de Dieu. C’est elle que le Seigneur nous demande de suivre.

Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère.

 

Père Antoine d’Augustin