#Edito : Quand les pierres « crient » et en appellent… à Saint Maximin !


Epreuve redoutée par tout recteur de la Basilique, le « Diagnostic » réalisé par l’architecte du Patrimoine. À peine installé à Notre-Dame des Victoires, le père Antoine d’Augustin y a eu droit, c’était en avril dernier.


Nul besoin de laisser les pierres « crier » (Luc 19,40), l’architecte s’en charge. Oyez, oyez, braves gens : « Maçonneries pulvérulentes et déjointoyées », « désordres » imputables à la « juxtaposition pierre et plâtre », « efflorescences de salpêtre », « réparations ciment asphyxiant la pierre », « manque de ventilation dans l’église ».

Et s’il n’y avait, ici où là, que la pierre à réparer : mais le verre, le bois, les jointures métalliques sont aussi concernés !

Ainsi va l’Eglise, avec confiance, depuis des siècles : appuyée sur le roc et la pierre angulaire  qu’est le Christ Seigneur et Sauveur. Qui lui même reviendra, quand bien même ne resterait plus de nos églises « pierre sur pierre » (Mt 24,2).

Aussi, n’ayons pas peur ! Car nos dévoués architectes, heureusement secondés par la foi, l’espérance et la charité des baptisés, vous le diront : Notre-Dame des Victoires demeure un refuge des plus sûrs, dans l’ordre de la grâce comme dans celui de la nature.

Pour nous en convaincre, contentons-nous d’un signe, celui que notre très sainte Mère nous envoie dans la communion des saints ; une pierre calcaire, un saint patron : la « roche franche fine de Saint-Maximin ». C’est elle qui a servi à la construction et sert depuis plus 300 ans à la réfection des « contreforts et des parements » de notre église.

Cette pierre extraite dans la commune de Saint-Maximin dans l’Oise, à 60 km de Paris, a servi pour l’Assemblée nationale, l’Ecole militaire, les Invalides… Mais elle a fait d’abord ses preuves, providentiellement, à Notre-Dame des Victoires. Où Marie, en l’occurrence, n’a pas délégué n’importe lequel de ses enfants. Elle a choisi un « intendant » : saint Maximin. Il est, selon la tradition, « l’un des soixante-douze disciples de Jésus et l’intendant de la famille de Béthanie » et c’est à ces deux titres qu’« il accompagna Lazare, Marthe et Marie lors de leur traversée de la Méditerranée et commença à évangéliser Aix-en-Provence aidé de Marie Madeleine ».

C’est ce même Maximin, 1er évêque d’Aix, qui aurait recueilli le dernier souffle de l’Apôtre des Apôtres, la patronne en second de l’archiconfrérie de ND des Victoires (avec saint Augustin) et un modèle pour tous les convertis : sainte Marie Madeleine, vénérée avec lui à la Sainte-Baume, comme dans l’Oise, comme à Paris…

Madeleine, si « franche et fine »… comme la roche de son ami saint Maximin. Madeleine qui, avec Maximin et Marthe et Lazare, nous aide à devenir « temple saint dans le Seigneur », « éléments d’une même construction », « demeure de Dieu par l’Esprit Saint » (Ep 2, 19-22).

 

Denis Solignac, membre de l’Archiconfrérie

 

Fiche technique : francs et fins avec l’Immaculée

La roche franche fine de Saint-Maximin est une pierre calcaire « à milioles et à nummulites » (sic) datant de l’Eocène, étage Lutécien (de 47,8 à 41,3 millions d’années avant Jésus-Christ). Pour l’aspect, un fond beige uni, un grain fin avec des trous petits et peu nombreux, et parfois quelques coquilles. Elle sert en revêtement mince ou en mur massif à l’édification et la consolidation des extérieurs d’un édifice, qu’il s’agisse d’élévations et de rejaillissements, de bandeaux et d’appuis, de soubassements, de couronnements et de corniches. Confions donc nos propres « élévations, rejaillissements, bandeaux et appuis, soubassements et corniches » et jusqu’à nos « couronnements », tant extérieurs qu’intérieurs, à Marie immaculée… par l’intercession de saint Maximin !